Young Like Old Men “Between us” (10 mai 2019, Gravity Music)

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Déjà porteur d’un nom parlant, Young Like Old Men est de plus constitué de gaillards ayant roulé leur bosse dans des formations méritoires (En Attendant Ana, Eggs ou Montagne Sacrée, pour faire court), et répondant aux noms de Nicolas Pommé et Guillaume Siracusa. Déjà bons avec lesdits projets, ils nous régalent sur cette troisième sortie sous l’estampille Young Like Old Men d’un album entre bourrasques noisy, plans shoegaze et élans slacker façon Pavement, complètement enthousiasmants. Il savent par ailleurs adoucir le propos, le “poppiser” avec joliesse (Words), ils auront déjà, dans l’intervalle, fait valoir de superbes essais 90’s à souhait.

Ainsi, c’est Out of phase qui ouvre le bal, trace en mode Rather Ripped de Sonic Youth. Young Like Old Men y confronte les élans bruitistes de la troupe de Thurston Moore et des torrents 90’s finauds bien amenés. Déjà bien disposé, le groupe enchaîne avec l’éponyme Between us, plus clair, tout aussi 90’s, qui permet au groupe d’apporter de la brillance mélodique dans son répertoire. Brillance qui s’accompagne, toutefois, d’échappées plus fougueuses. L’équilibre est atteint. Et la qualité assurée, optimisée, même, sur un Inside fonceur. Auquel succède un Think twice ravageur, gorgé de grattes offensives, joué pied au plancher.

On n’en est alors qu’à la moitié de l’opus, avec Surf. Un sucrerie pop mélodique à la belle tunique, aux jolis sons un peu polissons. Par la suite et passé le Words mentionné plus haut, Don’t want to fricote avec Mascis et son Dinosaur Jr, soniquement, tout en posant des ritournelles à plusieurs qui imposent leurs humeurs. Me voilà accroc, moi le 90’s addict. Dream/Desert venant accentuer l’effet avec ses atours vivaces, son alternance entre vitesse et sons crades, tempérance et sonorités plus “polies”.

Young Like Old Men, c’est une certitude, gagnerait à être (plus) connu. Son Look at the sun, pas forcément ensoleillé, nous confortera dans cette idée. L’éclat pop de la voix se pare de dérapages noisy délectables. Et c’est Omega, ralenti, insidieux puis plus alerte, qui ferme la marche d’une formation louable, auteure pour le coup d’un disque à l’allure de standard 90’s définitif.

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