Nour “Vain bleak and iconic” (26 avril 2019, Kythibong)

0
291

Bon, Nour est tourangeau et “crèche” chez Kythibong. Voilà déjà deux atouts sérieux. Il est aussi issu du Capsul Collectif. Il a déjà sorti 2 disques sous l’appellation Tasty Granny.

Tasty, son Vain bleak and iconic l’est de A à Z. Mélodieux et impétueux à la fois, il recourt déjà à des instruments inédits (stylophone, orgue électronique, flûte, bouzouki), que le trio met au service d’une musique imprévisible. Dear Terry dévie d’ailleurs, déjà, allègrement. A la fois flou et asséné, limpide et aventureux, sonore et aérien, il ne se classe pas. Nour met et maintient ainsi un point d’honneur à définir un territoire nouveau et novateur. Il peut se faire lo-fi ou noisy, invente des sonorités jamais entendues. Silver dust démarre sur des riffs puissants, puis s’envole et virevolte sous l’effet de ces sons nés de cerveaux, et d’ustensiles, décisifs. Ceci avant de refaire dans le sonique furieux et soudain. On peut profiter, ici, d’airs originaux. Ceux-ci demandent, certes, un effort d’assimilation. Mais à l’arrivée, on ne les quitte plus.

Les sens sont bringuebalés, malmenés et, finalement, stimulés. On aimera tout autant les plages douces (A doleful rise, Lit-upness), pas plus conventionnelles que le reste en dépit de leur aspect avenant.

Sur Pretty tale, on s’inscrit derechef dans le sonore sauvage, saccadé, habilement joué. Nour trouve par ce biais, ce procédé, une place loin d’être usurpée. On change volontiers de direction, ça peut dérouter mais une fois initié, on reste dans l’écoute. Drab fait son lo-fi, plante un break sombre, brille dans son chant. Totally awesome est cold, fait lui aussi de bruits qui portent leurs fruits. Le guilleret du chant fait contrepoint avec la déviance de l’instrumentation. Nour dégage une sérénité troublée, apparente mais qui se pare d’atours insoumis et caractériels, comme les sons qui, d’un seul coup, déchirent ce titre.

Publiée par NOUR sur Lundi 1 avril 2019

A l’issue, Guide termine l’essai de Bastien Torre, François Rosenfeld et Thomas Leuwers sur une note plutôt posée, élégante. On s’attend pourtant, au vu des plages précédentes, à un sursaut. Il ne vient pas mais le rendu reste beau, sensible sur cet ultime chanson et magnifiquement écorché, et inventif, sur les sept autres morceaux.

Bandcamp du groupe