Camilla Sparksss “Brutal” (5 avril 2019, On the Camper Records)

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Deuxième album de Camilla Sparksss sous la bannière On the Camper Records, Brutal rend hommage, de façon captivante, à l’étrangeté et à l’instinct expérimental de la Suisse-Canadienne connue aussi pour évoluer avec Peter Kernel, cette fois en groupe et dans un registre plus post-punk.

En neuf titres, elle jongle avec les genres avec dextérité, met une énergie estimable et une imagination surprenante dans son rendu. Forget, en amorce, ne se fera pas oublier: sombre et nébuleux, céleste aussi, il laisse augurer d’un contenu déviant. L’errance musicale de Sparks fait mouche, brode des climats qui attirent. L’exotisme d’Are you ok? mettra tout le monde d’accord en recourant à une électro qui vivifie et dépayse. Les bifurcartions sont multiples, la dame se plaît à brouiller les pistes sonores et s’y atèle magistralement. Womanized, qui suit et qu’elle a clippé, ne s’écartera d’ailleurs pas de ses sentiers non balisés. C’est le genre de morceau qui, à la fois, fait planer et embarque entièrement. La touche Camilla est là, reconnaissable.

Sa voix, mutine, colore son oeuvre. Son So what ombrageux aussi, avec son rythme appuyé et son groove qu’on ne peut endiguer. C’est du tout bon qui nous est ici donné, à base de sons qu’on n’entend pas tous les jours. Il y a de l’élégance dans sa déviance (She’s a dream), des sonorités brutes et intrigantes. Son électro montre les crocs, s’emballe et NOUS emballe. Psycho lover joue de ses percus pour faire dans l’entraînant, on y décèle une fois encore des élans dansants mais loin d’être convenus. Brutal, quand on y prête une réelle attention -et il le mérite-, installe l’addiction. Il peut faire dans le songeur vocalement, imposer des embardées folles; tout lui réussit.

Messing with you accentue le côté rêveur et “flouté” de son ouvrage. Walt deathnney convoque le hip-hop dans le chant, bazarde du son fou à tout-va, s’emporte sous l’effet des percussions. J’adore ce Brutal, il ne connait que peu de semblables. Camilla peut alors finir sur un Sorry où voix et claviers se complètent sur une trame psyché addictive; elle a une fois de plus, sans tutoyer la norme le moins du monde, conquis nos sens.

Photo Roger Weiss

Site Camilla Sparksss