Gaume “Square one” (1er février 2019, Free Your Art/L’Autre Distribution)

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Bon, finalement c’est comme Fabulous Sheep, l’autre disque actuellement promu par Day Dream Music. Un artiste qui arrive sans crier gare, qu’on ne connaît pas, et qui convainc. Une découverte, pour ainsi dire. C’est ce que constitue Gaume, nantais approchant la trentaine et auteur d’un “power folk” qui, sur ce Square One aux nombreuses vertus, flirte à plusieurs reprises avec un rock caractériel.

Entre bad boy et frimousse d’ange, Gaume fait de suite ses preuves, un Par for the course cuivré et pétillant de mélodies, poppy et folky mais avec une belle énergie, posant une première pierre solide. Les fondations tiennent le choc, “c’est pas pour autant qu’on a la bâtisse” mais Gaume va ensuite continuer à ériger, à renforts de titres…forts, son édifice. Il en va ainsi de Yeah, well!… , au rock “juicy” et bien prenant. Soothing as a hurricane, à la ritournelle plus aérienne, laissant une impression tout aussi marquante.

On attend cependant, à nouveau, l’énergie rock. Elle survient avec Cast your shadow on my wall, où on pense sur l’intro à New Model Army. C’est un rock franc, bien joué, qui se fait entendre. Gaume possède l’inspiration, offre de plus un répertoire varié que Her caffeinated kiss étend, dans un velours jazzy racé. Il y a même un soupçon de Tom Waits dans la voix, et les chœurs attisent la beauté de l’essai.

Une mélancolie à la rage retenue orne après cela How long again, puis on traverse des paysages folk posés avec Under a vow of silence. Le propos s’assagit mais n’en reste pas moins crédible. Il se fait bien plus rock avec Finger on the pulse et ses riffs drus, son groove lent implacable. Le patchwork de Gaume est large, sans défauts. You’ve changed, rock itou, réévoque les Libertines et leur pêche punky à l’Anglaise. A little affair suit une voie similaire à Under a vow of silence et c’est là le seul bémol qu’on pourrait formuler, ces revirements dans les genres parcourus.

Le “truc”, c’est que Gaume fait ça bien. Emancipé de son projet Roman Electric Band (tiens, on aimerait entendre…), il semble en conserver les parties remontées en y greffant, pour les besoins de ce disque, de l’intimiste. Glorious tragedy nous réjouit avec ses chants de début, sa pop enlevée-psyché qui ne manque pas de relief et de colère. Tout ça est bon, tout ça est pétri de bon son. Get the f+++ out of my head, bien bon, allie folk, pop sautillante et rock dynamique. Gaume maîtrise l’association des genres, des sons aussi. Il finit sur son Blind curse folk que la batterie anime, dans une mainmise affirmée quelle que soit l’option voulue. Jolie trouvaille.

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