Fucked Up “Dose your dreams” (Merge Records/Differ Ant).

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Fourni, étendu, valeureux, Dose your dreams voit Fucked up quitter, avec grand brio, sa zone de confort. Sur dix-huit titres au total, pas un n’étant ne serait-ce que moyen, les Canadiens insufflent de la mélodie (Tell me what you see), invitant au chant des intervenants “extérieurs” qui y vont de leur apport, conséquent.

Si le premier cd amorce, déjà, des inclusions délectables (Normal people, poppy en son début, entraînant en diable et doté de guitares jouissives; les effluves psyché de Torch to light ou Talking pictures, qui monte irrémédiablement en puissance, les pulsions kraut-funky spatiales de l’éponyme Dose your dreams), Damian Abraham y allant évidemment de ses légendaires gueulantes sur fond de riffs appuyés (House of keays), c’est sur le second volet que la magie opère de manière imparable.

Il est ici question de musicalité, dans l’intensité, et Living in a simulation ne fait que conforter le groupe dans son option première pour mieux la balafrer d’ouvertures géniales, comme ces cordes qui, sur ledit morceau, nappent superbement le tout. I don’t wanna live in this world anymore met de la légèreté dans le hardcore-punk des gaziers sans le diluer, sans en écorner la puissance. How to die happy est quasi shoegaze, superbe, et lorgne du côté du My Bloody Valentine de Loveless. Two I’s closed monte dans les cieux, The one I want will come for me en remet une bonne louche côté mélodie prenante, façon Husker Dü.

Plus loin, l’électro rageuse et captivante de Mechanical bull incite à la danse underground. Excellent, l’essai valide les options audacieuses de Fucked Up. Accelerate démarre de manière psyché pour ensuite imposer des giclées kraut fulgurantes, soniques, que le chant relève. Tout cela est plus qu’abouti, Came down wrong fait à nouveau scintiller des mélopées qui enchantent, prises dans le flux vigoureux du groupe. Voilà un album de haute volée, que créditent sur sa fin Love is an island in the sea, psyché, et le terminal Joy stops time. Kraut et obsédant, ce dernier effort couronne une formation qui, en l’occurrence, ose et s’avère performante dans toutes les options voulues.

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