Whodunit – Memories from a sh*t hole

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Je connais ce groupe, rémois si je ne m’abuse, et pour cause; je l’ai fait venir dans un défunt bar amienois, le Strato, où il mit le feu devant une poignée de rockeurs esseulés.
Belle surprise, donc que de recevoir ce quatrième album de Whodunit des mains de Pat Kebra, l’ex-Oberkampf. Une histoire de “rockers” donc, les mecs ayant transité par Closer Records et s’étant assuré les services du regretté Lucas Trouble avant, pour ce Memories from a sh*t hole, de bosser avec Jim Diamond. Et ça s’entend! Entre coups de semonce stylés (Devil blues), attitude rock sans équivoque, influences Cramps/Gun Club “avalées” et nappage d’orgues bavards, Didier Whodunit et ses acolytes défouraillent. On n’est pas là pour faire des courbettes, The price ne laisse guère paner le doute, direct et affirmé, en ouverture. On note, donc, l’apport des claviers et un jeu juste, sans fioritures. Un rock dans lequel on croque, possédé, sulfureux, qui riffe et hérisse les tifs. Un rock racé aussi, dans son parti pris authentique. Un répertoire aussi actuel que daté, dont l’excellence lui permettra de traverser les ères.
Avec de tels avantages (Come on, obsédant, percutant; un Nun on the run baignant dans la même intensité et j’en passe), l’amorce fait, déjà, se décrocher plusieurs caboches. Sur plus de dix morceaux, Whodunit s’enrage, trace droit devant lui (Jungle fever), met du blues dans son rock (You fuck my wine), transpire le vrai. C’est du bon, du très bon, qui use de choeurs qui n’ont pas peur (Because you’re mine), qui parfois temporise sans lâcher prise. Room 204 est furibard, ramassé. Waiting fait briller l’harmonica dans une dynamique rude et saccadée. Redrum “boogise” sévère, Salvation affiche la même assurance de gaillards qu’on peut qualifier de briscards. Et quand arrive le terminal All over again, qui ne relâche pas l’étreinte, on tient avec l’opus en présence un standard, ni plus ni moins, du rock de chez nous, joué et élaboré avec maestria.