Paul Biss – Quelques coups de téléphone

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Abrité par un label belge atypique, Freaksville Music, où oeuvrent des “french music lovers”, Paul Biss surprend avec ce premier album d’une pop rétroïde, synthétique et délicieuse, concoctée avec l’aide de Dan Lacksman, spécialiste de musique électronique, l’ingé son Elsa Grelot et deux compositeurs originaux des titres de l’opus: Thomas Venegoni (ASupernaut) et Gregory Vandamme (Thibet).
La fine équipe ainsi rassemblée permet à Paul Biss d’associer ses textes, issues d’une belle plume, aux sons de son adolescence. Le procédé débouche sur une pop enivrante, aussi légère qu’assombrie (Rendez-vous aux paradis), aussi vivace qu’aérienne parfois. On est de suite charmé avec Kangourou, premier morceau à l’étoffe synthétique simple et pourtant d’un bel apport. Refrain entêtant, break où les machines réitèrent leur décisive simplicité; Biss dispose d’atouts qui font tout. La photo de famille, presque cold, confirme: sa synthpop excelle. Biss manipulation valide ensuite vivement le constat. 
En outre, le verbe de Biss retient lui aussi l’attention et notre homme dit, avec légèreté, des choses préoccupantes. Sa pop s’ingurgite avec délice, elle se pose sur l’éponyme Quelques coups de téléphone et Amours assassines, aux relents 60’s. Délivrance associe avec justesse paroles de choix et étayage clair-obscur. On retrouve un tempo plus appuyé avec Les automates vivants, jolie réflexion sur l’automatisation de l’être humain. Lampedusa et ses guitares éparses mais bien couplées aux claviers étend encore l’effet d’un disque remarquable, tout comme Indignez-vous qui se dénude pour mettre en avant un texte à nouveau profond. Mister Nobody viendra conclure, dans l’euphorie pop ouatée et enlevée sur son refrain, avant que le remix de Kangourou, dansant, exotique, n’ajoute une bonne  note supplémentaire à un effort qui mérite tous les égards.