The Married Monk – Headgearalienpoo

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Voilà un come-back inattendu, et hautement enthousiasmant puisqu’il remet sur le devant de la scène les rennais de The Married Monk, dix ans après leur dernier album en date (Elephant people, 2008).
En trio et autour de l’emblématique Christian Quermalet, à la voix reconnaissable, Jean-Michel Pirès tient les fûts alors que Tom Rocton, multi-instrumentiste et arrangeur hors-pair, s’avère être le “petit dernier”, et pas des moindres donc, à prendre part au retour du groupe. Ce Headgearalienpoo à la pop bricolée et aventureuse -c’est la marque de fabrique de la formation-, suscitant d’emblée un plaisir de taille.
En effet, un Obnoxious one vif et encanaillé déboule pour ouvrir la marche, d’abord surligné par des sons synthétiques avant d’ouvrir les robinets électro-pop à la fois dans la finesse et la vivacité, le chant de Quermalet, velouté, se parant de sonorités entêtantes et de guitares triturées, un peu comme chez nos voisins Belges de Deus. On éprouvera autant de jubilation à l’écoute de Gravity, plus directement pop-rock, à l’ornement simple et grisant. Et 10.16 Saturday night, électro folle et sonique avant de se faire subtile, viendra parfaire une entrée en matière des plus abouties. Married Monk, fidèle à lui-même, explore et ne se perd dans aucun méandre par trop détourné. Bus (Dogbowl cover) le voit s’adoucir, se mettre presque à nu. Belle transition, qui rappelle le Velvet version pop et précède Love commander strikes again, autant nébuleux qu’enlevé. Le chant y est encore une fois remarquable, la chanson est à la fois pop légère et alerte avec ce qu’il faut d’obscurité pour se distinguer et sortir des sentiers battus. Des touches de trombone, discrètes, consolident l’édifice. Mitte 1989 se veut lui aussi pop, perlé de sons simples, plutôt détendu. La -très- bonne impression demeure donc, Bomb on blonde l’accentue même en exhalant une pop griffue et assez directe. Les chants s’y répondent et s’y complètent de manière significative.
On cherchera en vain le petit creux, d’autant qu’une jolie reprise du Siamese twins de The Cure, lente et mélancolique, se met ensuite en évidence. Avant qu’Obnoxious one, dans un rock rageur/mélodique (en son refrain) et truffé de sons, c’est une constante, bien trouvés, ne vienne finir le travail, accompli, d’un groupe d’ores et déjà performant comme il a pu l’être “à l’époque”.