Arno, en version Tjens Matic, dégomme le TJP Albertin…

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D’abord programmé à Corbie, dans le bien beau Théâtre les Docks malheureusement partiellement incendié, le concert d’Arno en mode Tjens Matic, soit un “medley” des succès de ses tous premiers groupes (Tjens Couter donc, et TC Matic), s’est finalement tenu au TJP Albertin.
Immanquable -imaginez donc, le vétéran d’Ostende accompagné d’un trio acéré, jouant un tel registre-, le live du soir s’est avéré être un fabuleux moment de rock frontal, orchestré par un Arno semblant avoir à nouveau 20 ans, aux beuglantes phénoménales. Un enchantement, un exutoire même, zébré par des guitares rugissantes et soutenu par une rythmique implacable, souple aussi, marquée entre autres par le groove d’une basse qui marque l’ensemble de ses pulsions entêtantes.
Humour à l’appui, Arno évoque entre les morceaux sa danse à Saint Tropez avec Brigitte Bardot “qui avait une bonne odeur”, Mireille Mathieu “qui n’a pas changé depuis 250 ans”, les tatouages de ses musiciens. Hilare, le public est conquis et l’énorme répertoire de scène du quatuor, qui privilégie les morceaux de TC Matic, fait le reste. Ca joue dur, compact, entre blues mordant, rock’n’roll frontal et décharges post-punk elles aussi sans complaisance. Les gaillards assurent avec l’aplomb des plus aguerris, envoyant un rock balafré de nature à botter les fesses des plus jeunes. Ce moment est un privilège, d’une intensité qui finalement ne se raconte pas, court certes (à peine plus d’une heure de set) mais mémorable. Conscient que le rock actuel a trouvé ses limites créatrices, l’homme aux vies multiples ressort de derrière les fagots, une bordée de titres chauds comme la braise, incandescents même. Touchant, spectaculaire avec ses postures et impressionnant de par son coffre, l’ami de Paul Couter ajoute une corde à son arc, en plus d’une collection “hors Tjens Matic” tout aussi accomplie. Ceci à renforts de morceaux intemporels, tel ce “Putain putain” mythique repris par la foule albertine.
On en prend donc de grandes lampées, avec jubilation et délectation.Le son est puissant mais audible, c’est du rock messieurs dames, ne vous y trompez pas. Vieux fans et amateurs de la dernière heure se côtoient dans l’allégresse, plongés dans un même bain de félicité par une légende à l’impact intact. Bye bye till the next time
Photos William Dumont.