Ex Fulgur – Noires sont les galaxies

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Deux mecs, une fille. Tous les trois fan de no wave et de post punk ère 80’s, mais aussi de noise des 90’s. Rennais, qui plus est, et bien entendu tous les trois “hors-sentiers”, vu leur pedigree.
C’est Ex Fulgur, trio dont il m’importait de parler tant sa démarche est singulière. Jugez donc; Odilon Violet, comédien/écrivain, concocte des textes prestement mis en musique par Saïtam (We Only Said) et Mistress Bomb H (Mistress Bomb H, Daniel Paboeuf Unity). A l’arrivée, on obtient une album où s’entrecroisent le chant de Violet, les machines de Saïtam et la guitare de Mistress. Ce bric à brac fait bon ménage et enfante un rendu minimal, cold, appelé “frontwave”. On le nomme Noires sont les galaxies (référence à une série française “non-sérénisante” datant de 1981), on l’enrobe d’une étrangeté textuelle et musicale dignes de ses créateurs, on l’affuble de huit morceaux noirs tant dans le verbe que dans la mise en musique, et voilà un opus précieux, hors-normes, qu’on écoutera avec le sentiment d’avoir entre les fouilles un truc à part.
Il groove dans sa noirceur, raconte de façon presque guillerette des faits dramatiques (Tentative de restitution de tous ceux qui sont morts avant 2133). Noir est le propos, groovy il est, avec un son de basse entêtant et un bruitisme bien assumé. Qu’on opte pour un canevas lent et dark (No way to get out), ou qu’on se fasse plus vivace (Un truc dans le genre) en laissant l’instrumentation dévier et groover, partir dans des embardées célestes comme dans des phases bien plus percutantes, le résultat est probant. On apprécie d’autant plus qu’Ex Fulgur évite les chemins balisés. Notre chimie du pétrole, en amorce, en apporte la démonstration; on n’est pas, avec ces gens-là, chez Drucker. Noires sont les galaxies est placé au mitan des genres de prédilection du trio, qu’il honore. Il invite aux trémoussements froids, séduit avec Tu n’es pas un chapeau mon amour et son break soudain, puis Nous sommes des dieux et ses sons inquiétants, son climat en phase avec les mots de d’Odilon. Embrase-moi lui succède sur une note plus légère, aérienne, bardée de sonorités qui génèrent un trip. Et à l’issue, Horizons bruns fait place à un tempo ralenti, au terme d’une première oeuvre notable aux airs de pied de nez grandement réussi aux convenances et à l’optimisme béât affiché par certains dans la sphère sociétale.