Cock Robin dans l'oasis abbevillois…

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A peine “retombés” du concert de Christophe la veille, le Winter Groove abbevillois ouvrait ses portes à Cock Robin, autre formation mythique ayant débuté dans les 80’s et comptant à son actif de nombreux titres de légende. Peter Kingsbery donc, et pour remplacer Anna LaCazio avec qui il fit longuement équipe, la magnifique Coralie Vuillemin.
Enchanté de se retrouver dans un “oasis” -c’est ainsi qu’il qualifiera le théâtre municipal d’Abbeville-, Kingsbery livrera avec ses deux acolytes (un batteur charpente les compositions avec efficience) un concert qui lui permettra de conquérir la salle, debout et chantante. Mais auparavant, il convient de souligner la merveilleuse prestation des Flying Strings, quatuor du coin ayant pour l’occasion fait le choix de jouer son rock tendu en formule plus acoustique. Ca prend plus que bien, la passion et l’énergie que les picards y mettent, leur rage et la valeur de leur morceaux emportent logiquement l’adhésion. On est toujours heureux de les retrouves, ceux-là; on sait qu’il se passera quelque chose, on les sait, aussi, fiables et authentiques, délibérément rock.
La rasade Flying Strings fait du bien, donc, et Cock Robin va ensuite se charger de parfaire la soirée. Le leader est très visiblement content d’être ici, il y va de ses anecdotes en Français et la mélodieuse mélancolie de ses chansons les plus récentes, issues de Chinese driver et alliées aux mémorables The promise you made, When your heart is weak ou Just around the corner, laisse une empreinte durable. C’est beau, un théâtre dans cet état émotionnel et de félicité, le set manque peut-être un peu de vigueur rock mais le panel est large, entre pop, new-wave et électro, et suffisamment bien étayé en essais de qualité pour que Cock Robin prenne possession de terres abbevilloises hautement fréquentables. Il y a dans le set du groupe de l’émotion, de la sensibilité, une symbiose déjà prononcée, aussi, entre Vuillemin et Kingsbery, et un bel échange avec un public au milieu duquel siègent, surprise, quelques “jeunots” loin de la cinquantaine majoritaire ce soir, qui quittera les lieux avec dans le coeur une belle dose de félicité.
Photos William Dumont.