Grand Blanc – Mémoires vives

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Tu lis la biographie -Est froid, hauts fourneaux, Bashung dans l’autoradio, The Cure et son Killing an Arab, littérature, concert ou match du samedi soir-, tu salives.
Alors quand Grand Blanc nous refile ce Mémoires vives fait de cold-wave et d’électro-pop chantées en “masculo-féminin” et aussi finaud qu’incisif, on est bien loin de bouder son plaisir. C’est la Surprise party, celle d’un premier titre autant mécanique qu’obsédant qui laisse ensuite place au formidable Bosphore, emporté, décoré par des claviers presque orientaux et relevé par le chant féminin. En deux essais grandement réussis, Grand Blanc convainc son monde et, à l’image de Requin Chagrin, tente avec succès d’amener un créneau novateur. C’est ce que fait un saccadé Disque sombre aux sons ingénieux avec, cette fois, un organe vocal masculin assez grave. Il y a, de plus, le groove qu’on attend, glacé mais tellement implanté que le groupe ne peut s’y planter. Le panel est ouvert et le bien nommé Tendresse, brumeux, flou et doucereux, l’étend encore sans entamer la pertinence de l’opus. L’Evidence du morceau d’après s’impose; Grand Blanc et son registre au mitan des époques est une grosse découverte. Ici lancinant, charmeur et intrigant avec ses voix complémentaires, à d’autres recoins plus appuyé, plus loin spatial et saccadé (Summer summer), froid et dévastateur de par ses sonorités géniales, il emporte l’adhésion. Verticool est une merveille de cold-wave aux nappes de synthés délectables couplées à une basse d’époque…The Cure des débuts.
On l’aura compris, Mémoires vives pourrait rester dans les mémoires. Désert désir, fort lui aussi de claviers et guitares décidément délicieux, puis l’Amour fou et ses encarts stridents, son envol vocal, son groove froid semblant venu d’une autre ère, ne faisant que parachever le bonheur déviant né de l’écoute, qu’on répétera donc à l’envi.