Sly – San Fairy Ann

0
918
Probant sur scène (Espace saint André d’Abbeville, Scène Bleu de France Bleu Picardie, pub le Saint Pierre dans cette même cité abbevilloise), Sly aka Sylvain Rougé fait, outre ses groupes de reprise des Beatles et de U2, dans la britpop.
Cette fois donc et avec ce San Fairy Ann flamboyant, c’est dans ce créneau qu’il s’illustre. L’opus est un Oasis de chansons à l’allant qui vous fera fondre, dans le sillage d’un déjà tubesque et mémorable When I was Superman. Les mélodies sont étincelantes, les guitares caressent ou pétardent et Sly, aidé de musiciens aguerris, s’en sort avec les honneurs. Son disque est non seulement beau (When you father me, Put on the light), mais aussi soigné, percutant quand on appuie sur la pédale rock (Round’n round, un Come on au refrain que je me vois bien brailler en toutes circonstances). Les claviers, discrets, enrobent joliment l’ensemble. A mi-chemin du parcours, on se prend la vivace mélancolie du superbe Radar for your love dans les gencives. Ledit morceau fait partie de ces quelques chansons euphorisantes qui filent le smile (puisqu’on est dans la britpop, allons-y de no anglicismes) et imposent irrémédiablement leurs mélopées. En parlant d’anglicisme, Sly se distingue là en usant de noms communs dont il fait des verbes. Une écoute attentive de When you father me, notamment, le démontrera avec éclat.
Pop, c’est le maître-mot d’un ouvrage auquel contribue, surprise, Hubert Mounier sur l’amorce du dernier titre, un délicat I can’t help falling in love with you. Mais avant cela, le possesseur de cet objet sobre au noir et blanc dont se détache un Sly rouge comme la brique anglaise aura eu le bonheur d’entendre des cuivres à la Boo Radleys sur Miss Maëlys, des riffs durs avec I wouldn’t like to be me qui trace comme on aime ou encore Burning inside. Il se sera forcément senti bien le temps d’un Be fine qui, à l’instar d’autres plages présentes sur l’album, soigne les maux et fait qu’on en reprend les “lyrics” (décidément…) avec joie et en se trémoussant. C’est aussi le cas de Hey darling, rock et bourru mais aussi mélodique, à l’Anglaise évidemment. Logique pour un bourlingueur ayant séjourné à Londres pour en tirer ici le plus vrai et abouti des labeurs musicaux.