Intimisme habité avec The Apartments à la Lune des Pirates…

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Deux formations australiennes de renom (Jim Yamouridis, pour ouvrir, puis The Apartments), voilà ce que proposait la Lune des Pirates en cette mi-avril.
L’occasion était donc belle de se frotter au registre folk, dans un premier temps, d’un Yamouridis désormais installé en France, jouant en trio avec une clarinette basse, celle de Fabrice Barré si je ne m’abuse, et la guitare de Seb Martel. Ce qui, outre la voix grave du bonhomme, apporte un côté dépaysant qui renforce le cachet d’un live déjà prenant. Le répertoire demeure feutré, ombrageux, mais se pare d’envolées mesurées qui le renforcent dans une douce folie. C’est tout bon, on n’en attendait pas moins d’un artiste à part et qui assure une première partie de classe.
De classe, disais-je; The Apartments n’en manque pas et avec l’aide de deux musiciens français issus de Grisbi (Natasha Penot et Antoine Chaperon), Peter Milton Walsh livre à son tour un concert racé, habité, dont émergent quelques pointes plus rageuses impulsées par son chant et son jeu de guitare. L’ambiance est plantée, enveloppante, ombrageuse, classieuse et minimale, sans jamais recourir à la surcharge. On est là dans la pureté, la sincérité et ce n’est pas tant le carnet de chansons du groupe qu’il faut retenir -il est de toute façon fourni et irréprochable- que l’émotion qui en émane, l’impact exercé sur un public “happé”. On en a pour son argent, la féminité de Natasha au chant offre un joli contrepoint au timbre de Peter, la touche d’Antoine fait le reste et le trio évolue dans une formule cohérente, dans un accord qui lui permet de se mettre en évidence. Le tout avec la retenue et la sobriété des plus grands, de la part d’un groupe qui s’est fendu, fin 2015, d’un magnifique No song no spell no madrigal.
Photos William Dumont.