Ina Ich – ii Trois

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Un peu “lisse” en ouverture de Shakaponk il y a quelques années déjà, la Ina Ich de l’insoumise (dans l’esprit) Kim-Thuy Nguyen revient avec son troisième album, ce ii3 somme toute assez convaincant, souvent féroce et fort d’un groove electro-rock mordant qui de suite plante ses crocs (l’enchaînement Lève-toi/Fais nous un tube, de belle facture).
Avec Aurélien Clair et Brad Thomas Ackley, acolytes méritoires, l’artiste plurielle et fille de réfugiés politiques -ça influe, positivement, sur le contenu verbal et musical- a trouvé la bonne tonalité, l’équilibre qu’il fallait au groupe pour se faire valoir. On le suit donc dans ses écarts enragés, un tantinet moins, peut-être, dans ses essais les plus “grandiloquents” ou adoucis (Tes silences). Mais de façon récurrente, l’impact est là, attisé par des riffs secs (Comme un garçon) et des refrains qui valident le parti pris contestataire de la clique. ii3 offre de plus suffisamment de variété dans les directions musicales, à l’intérieur de ce format electro-rock bien maîtrisé. S’il “trace” souvent, il atteint la cible, aussi, lorsqu’il se fait plus leste et bourru, voire saccadé (L’argent, pour la première option, puis Rien à foutre en ce qui concerne la seconde) et on y trouve la puissance de feu qu’on attendait. Soniquement, de nombreuses bonnes idées sont à relever, on se réjouit de plages débridées telle Ma chair et mon sang, appuyé.
On l’aura compris, ii3 est plutôt bon; voilà un beau support à la révolte, porteur d’une certaine mélancolie (Maman), d’ouvertures trip-hop bien amenées même si dispensables (Je t’emmène). On ne s’y ennuie pas, le constat est déjà positif au regard des productions discographiques de ces deniers temps et même si la fin de l’opus le voit baisser  -très légèrement-en intensité, on finit en trombe avec le rock acéré de 20 secondes puis Au bout de ses doigts et ses rafales de batterie, ses sons synthétiques alliés à de l’organique et son allant incoercible.