Ought à la Lune des Pirates, classieux et fiévreux…

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Un local déjanté nouvellement signé chez Born Bad (Usé), des canadiens aussi distingués qu’encanaillés (Ought); la Lune des Pirates avait à nouveau soigné son menu en ce samedi d’avril et de fin de vacances.
Usé donc, le “gars du coin”, se distinguant le premier par un set âpre et bruitiste, à base de batterie frappadingue et de bourrades noise-indus sans concession aucune. Un live frappant, exigeant pour l’auditoire mais en tout cas singulier, de bonne facture pour peu qu’on s’y plonge (et ça vaut le détour), lors duquel l’amienois  se fend d’un ou deux morceaux délirants et humoristiques représentatifs de l’esprit développé. Pas mal, et quoiqu’il en soit, largement de quoi susciter l’envie, pour les initiés et les persévérants, de suivre le bonhomme et de faire l’acquisition de son opus.
Le registre va changer, et se faire plus large, avec les quatre mecs de Ought qui vont osciller entre son noisy à la Sonic Youth en certains endroits, chant évoquant un Mark E.Smith distingué (ou encore Thurston Moore avec ce timbre nasillard), post-punk et rock à la fois fin et souillé. Un excellent set, marqué par le charisme et la gentillesse d’un Tim Beeler qui vit son live avec intensité et dans l’unisson avec ses trois acolytes. C’est simultanément urgent et racé, tendu et délié; Ought possède son approche et convainc sans trop de délai un public qui, de plus en plus, ondoie au rythme de Men for miles, Beautiful blue sky et autres morceaux aboutis, aux instants d’accalmie grinçante soudés à des passages enfiévrés. Il y a de plus, chez Ought, une insistance dans les “lyrics” ou refrains qui crée une belle accroche et renforce l’intérêt d’un concert déjà de grande qualité, quelques jours avant, excusez du peu, The Apartments que précédera Jim Yamouridis.
Photos William Dumont.