Dirty Deep – What’s flowin’ in my veins

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Auteur d’un concert de dingue, écorché et trépidant, lors d’un récent Celebration Days, Dirty Deep sort avec What’s flowin’ in my veins son nouvel album.

Ce qui coule dans les veines de ces trois mecs (de solo avec Victor Sbrovazzo, puis duo, Dirty Deep a évolué vers une formule trio qui voit le gus se flanquer d’un batteur et d’un bassiste), c’est du pur jus de rock’n’roll rugeux, mâtiné de garage-blues et de scories hip-hop tandis qu’une étoffe folk drape certains morceaux (Light and blue). C’est rêche et jouissif, Dirty Deep atteint même en cette occasion l’intensité de ses sets, déjà marquants à souhait. Le premier pavé nous est lancé avec Holy pocket boogie, bien nommé, massif et appuyé. Une merveille du genre qui préfigure, déjà, d’un rendu qu’on se jouera bien fort et de façon répétée. Ces trois-là sont unis, nul besoin d’attendre la fin des temps, ou des tempos, pour faire preuve de cohésion. Un harmonica enrobe le tout et allez hop!, c’est parti pour une sarabande rock’n’roll racée qui va durer dix titres. Can I kick it? souffle un blues sulfureux, valorisé par l’union des chants. Goin’ down south matraque ce même blues en le “garagisant”, le débit vocal est presque hip-hop et le “mix” est ajusté. Panache et rudesse bienvenue président, savamment couplées. Puis avant l’accalmie, Messin’ around, joué dans l’urgence, assène à son auditoire une belle mornifle garage aux relents blues.

Attaque rétro, jeu impeccable, titres de premier choix, Dirty Deep joue une partition parfaite, pas trop soignée tout de même, on n’est pas chez One Direction ici. How I ride, torpille…rock’n’roll à la force Motörheadienne dopée à l’harmonica, le prouve brillamment. On a, de plus, la bonne idée de breaker, d’ambiancer dans la diversité. C’est un hymne que ce morceau du diable, suivi d’un You don’t know plus bluesy, mais de façon écorchée bien entendu. L’authenticité suinte par tous les pores, les refrains cognent, et dans la foulée c’est le blues-folk au rythme galopant de Leave me alone qui fait mouche. C’est sale et profond, Dirty Deep vous dit-on. C’est grungy aussi, aussi élégant que dépenaillé, le groupe nous régalant d’incartades faussement modérées (Howlin to the moon). Avec un tel album, Victor et ses complices peuvent voir venir, ils ont tout ce qu’il faut pour mettre, à nouveau, le feu aux planches. Dans cette optique, ils finissent ici par un blues subtil, Shine, en conclusion d’une fabuleuse cuvée sans fard ni concessions.