Sage – Sage

0
522
De la difficulté de chroniquer un album quand son auteur a signé, quelques semaines avant l’écriture de l’article, un live faramineux…
Le Sage d’Ambroise Willaume, “échappé” de son projet initial Revolver, réussit la prouesse d’égaler, ou presque, l’intensité dudit set, splendide. Il faut dire que le bonhomme est doué, doté d’une superbe voix, et qu’il a le don d’étayer ses compositions avec génie, loin, de surcroît, de trop en faire. D’emblée, One last star, la dynamique qu’il insuffle et la pureté de la voix, les motifs de claviers “tout juste” géniaux et des sons de basse rondouillards font la différence. C’est le territoire Sage, personnel, electro-pop certes mais avec un tel brio qu’on ne peut qu’approuver. La sensibilité prévaut sur Fall in love with a friend, on y remarque comme à bon nombre d’autres recoins de l’album un bel antagonisme entre les dynamiques, une cadence marquée parfaitement couplée au jeu du leader. Only children se dénude, s’envole; chaque titre mérite une écoute poussée, des gimmicks presque 80’s parsèment avec à propos ce superbe disque.
Il ne faut d’ailleurs que dix titres à Sage pour imposer son approche. August in Paris fait usage de sons encore une fois irrésistibles, d’un dynamisme et d’une “vivace légèreté” qui forcent l’admiration. Dans ses traces, le feutré de Time never lies s’invite aux festivités, imité en cela quelques encablures plus loin par In between. Impossible, inconcevable de trouver le moindre défaut à l’album; peut-être, et encore est-ce pour faire la fine bouche, un Interlude dont on pourrait se passer. Don’t tell me rattrape vite le “creux”, en tube electro-pop mélodieux, alerte et qui soudain breake. Ceci pour ensuite repartir de plus belle, à la fois rythmé et songeur.
Arrive alors l’excellentissime Focus, avec ses rafales batteries-synthés de folie (en live, l’effet est décuplé), magistral essai que l’organe d’Ambroise porte vers les cieux. L’ensemble projetant ses dernières vagues sur un Eyes closed apaisé. Piano-voix et l’envol est garanti, à peine étayé par un fond sonore encore une fois magique. A l’issue, donc, d’une oeuvre qui laisse tout simplement pantois.