Hurdy-Gurdy – Les turpitudes en fleurs de Scarlatine Wepler

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Un conte musical polaroïd/trash/précieux, voilà ce que l’on peut lire sur la pochette de cet album de rock pluriel, aussi distingué que déjanté, aussi classieusement rétro, cabaret, qu’ancré dans son époque, signé Hurdy-Gurdy.
Décliné en 22 morceaux, Les turpitudes en fleurs de Scarlatine Wepler peut aussi évoquer le racé fiévreux, vénéneux, de Nick Cave, hissant haut le verbe sur lit de guitares torturées (Western vodka). La plume de Jérôme Gurdyk, fondateur du projet, son chant enflammé, expressif, trouvent en sa pléthore d’accompagnants un écrin changeant, sans cesse attrayant. Ce qu’on lit être un prologue, S’érige l’exquise, démontre de suite qu’il y a ici du cachet, une identité marquée, travaillée, propre au groupe. On pense d’ailleurs, à l’écoute, au Jad Wio de Denis Bortek. Surprenants de classe, les morceaux racontent des histoires, une histoire, et recourent à un panel instrumental riche mais jamais envahissant. L’objet, en noir et blanc, et son livret en blanc et noir, fleurent bon le rétro, l’authentique aussi.
Dès lors, on ne s’étonne guère d’y trouver une collection conséquente de chansons de choix, rock à la colère rentrée, parfois bluesy (Les sécrétions bibliques, Pullilogène N ?2), zébrées de cuivres bien utilisés qui peuvent, par instants, évoquer Kat Onoma. L’ambiance est installée, le décor planté et l’oeuvre de taille, entrecoupée d’interludes faisant le lien entre les essais de Hurdy-Gurdy. Voilà donc un opus qu’on ne peut appréhender que dans sa totalité. Feutré et incandescent, déviant et élégant, bluesy, jazzy, rock (Sous le jupon d’Alice), chanson, chanté à l’occasion à deux voix (Pendu et célébré), narré selon le même procédé, il trouve de toute façon le ton juste et déploie suffisamment de vigueur pour, à aucun moment, ennuyer l’auditeur. Les envolées cuivrées d’un Sous l’acier transportent, chaque morceau délivre d’ailleurs son lot de détails sans failles. C’est dense, exigeant certes, mais le rendu vaut son pesant d’écoutes. Il s’achève d’ailleurs sur un épilogue en trois volets, au nerf d’abord retenu que des éruptions sonores libèrent cependant, et qui trouve sa conclusion dans un rock exalté, ou exaltant comme l’est, souvent, ce disque singulier.
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