Calva – Siamois

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Oh joie, Calva nous fait la surprise, quatre ans après le déjà excellent Sacrifice (1012), d’un nouvel album qu’il nomme Siamois. Duo en studio, trio sur les planches, le groupe palois fait feu de tout bois et croise allègrement math-rock, noise et indé, le tout sous l’impulsion d’une vigueur qui doit, en certains endroits, au post-punk.

C’est efficient, confectionné avec maestria et d’emblée, Negative peak, son humeur Fugazienne et ses breaks judicieux font la différence. Avec Calva, on s’en sert une bonne rasade et il y a de plus dans son ouvrage une belle diversité, rendue cohérente par le cadre foncièrement indé qui la détermine et en fixe les limites. Françafrique riffe et dépayse, il y a du The Ex dans ce titre. On noise avec intelligence, on y balourde un groove dément et le résultat, hybride car aucun autre terme ne peut aussi bien le définir, est excellent. Rock caillou et la récurrence de ses riffs, son penchant math entêtant, est lui aussi de haute volée; on est frappé par le dosage, juste, parfait, entre rock indé, mélodies légères dans le chant et encarts noise que surlignent les claviers. Small poor dog le confirme, les huit titres servis seront tous passionnants. Son atmosphère d’abord retenue, ses atouts kraut et volutes de claviers en font une perle indéfinissable, caractérielle, bruitiste aussi.

Le moins qu’on puisse dire, donc, est qu’avec Calva tout va. Sauvages et tout aussi subtils dans le même temps, Arnaud Millan (chant, guitare, claviers) et Stéphane Sapanel (batterie) honorent un créneau insoumis, à la croisée des genres et anti-mainstream au possible. Ca fait du bien, en cette époque dédiée au creux musical télévisé et Eprouvette, génial single lié à l’oeuvre en présence, marie groove sauvage et passages mesurés avec bonheur. Une force incoercible anime les titres de Siamois, jamais figés. Carton chat saccade, use de bruits malins, Brazil est dansant et tutoie l’excellence de…The Ex. Calva a sa place chez les grands (on évoque à son sujet, en termes d’attitude, Marvin ou Electric Electric…et c’est logique). Son Bagarre des étoiles placé en ultime position, rythmé et rampant, aussi jazzy dans certaines sonorités que math et noise sur d’autres plans, mettant fin à ce Siamois dont les morceaux sont, justement, tout sauf Siamois. Excellent.