Un Vadim Vernay subtil et cuivré à Léo Lagrange

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A la “Lune“, Vadim Vernay nous l’avait jouée rock (mais pas seulement, loin s’en faut), aussi free et sauvage que subtil. A Léo Lagrange, l’amienois, en plus de sa formule déjà probante, s’est attaché à cuivrer son registre avec l’aide de trois intervenants et, non-content de cet ajout, a également inclus à son “band” un violon et un violoncelle.

En “supergroupe” local donc, l’élégant ressortissant de la capitale picarde nous a une fois encore gratifiés d’un concert-choc, habité, aussi fin que puissant, porté par quelques assauts de cuivres bienvenus et l’éloquence du duo Lilju/Jeanne-Antide. Tout live de Vadim Vernay est, quoiqu’il en soit, une surprise, une relecture risquée et audacieuse de son carnet de scène et le set du soir n’a évidemment pas dérogé à la règle. Transgresser, repousser les limites, marier beauté et déviance, telle est le procédé du bonhomme et pour ce faire, il importe de souligner qu’en plus d’un talent et d’un charisme feutré remarquables, il est superbement entouré. Il oscille allègrement entre plans jazzy, élans hip-hop et rock aux contours divers, tout s’entremêle pour enfanter un rendu hybride, fruit d’un collectif au point et soudé. C’est plus que bon, adroitement “lighté” et sonorisé, aussi (à ce sujet, rendons hommage au labeur de Julien Dufour et Maxence Collard), ce qui dote l’événement d’une envergure supplémentaire.

On en arrive à oublier qu’à quelques pas de là, Miossec enchante la Lune: Vadim, lui, enchante Léo et nous laisse avec le souvenir d’un concert unique, personnel, porteur d’une classe ébouriffante et d’un renouveau consécutif au perpétuel défrichage qui anime cet inlassable créateur.

Photos William Dumont.