Balinger – Let go

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Nouvel album pour Balinger, qu semble changer de cap et s’extraire de la pop-folk fiévreuse  de son opus précédent pour, cette fois, explorer des contrées plus noisy. Le groupe parisien n’y délaisse pas pour autant sa force de frappe, intacte, à ceci près que sur Let go, elle se pare d’atours dont le dynamisme évoque At the Drive In, pour l’allant à peine jugulé.
On conserve, aussi, les mélodies vernies qui font le charme du combo (Voices, en ouverture), une certaine prestance vocale également, on y greffe des traînées noisy et le tour est -bien- joué, l’album révélant son lot de perles agitées. Let go, dans les pas de Voices, évoquant Stuck in the Sound pour la vivacité de sa pop-rock. C’est un excellent cru qu’on écoute en l’occurrence, dont la suite tient ses promesses. Fire burning, décoré par des guitares au jeu fin et alerte, secoué par quelques éclairs sonores, venant dans un premier temps consolider un début parfait. C’est Before I go qui vient calmer le jeu, joliment d’ailleurs. L’élégance de Balinger y est mise en avant, habilement sous-tendue. Puis Reborn again fait de même mais dans une embardée noisy couplée à la beauté que dégage, très souvent, le propos du groupe.
Celui-ci rehausse ensuite le tempo sur Evolve, riffant, galopant, concluant. Balinger enchante avec sa pop-rock rageuse, son expressivité et une belle bordée de titres probants. Save me le sera donc, fort d’un rythme martelé, d’un chant légèrement ombrageux et d’une instrumentation qui, si elle se veut finaude, porte aussi un bel allant. Et réserve de sacrés encarts bruitistes, bien amenés. Il est donc très bon, ce Let go qui livre sur sa fin un All alone pop, sauvage et racé, excellent. On y alterne les rythmes, on y atteint les cimes d’un domaine de toute évidence maîtrisé. Ghost, en dernière position, se mettant à nu pour finir sur une touche posée, dans une opposition réussie à ce qui le précède.