Von Pariahs – Genuine feelings

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Hidden tensions les avait déjà révélés, Genuine feelings leur permet maintenant de passer aisément le cap soi-disant fatidique du second opus. Von Pariahs, emmenés par Sam Sprent et sa voix rageuse, nous gratifient en effet d’une rondelle parfaite, remontée et mélodique (ou l’inverse, c’est selon), attisée par la fièvre post-punk (Bike crash). L’éponyme Genuine feelings montre la voie, retenu et pourtant incandescent, Seize that moment et son refrain enflammé, ses guitares loquaces et efficaces, lui succède et la barre est déjà élevée. Il existe dans ce disque une réelle unité, qui valorise le rock sauvage des mecs de Fontenay le Compte. Get loose s’inscrivant dans le même créneau mélodieux mais incoercible, dotée d’un impact quasi immédiat.
En y greffant une sensibilité pop passée au filtre de l’énergie “maison”, on obtient bien sûr un rendu sans défauts. La patte Von Pariahs est présente, désormais reconnaissable. Ce n’est pas le puissant Another case (of flamed bonds) qui me démentira. Il cogne et saccade, les voix s’y complètent, puis voilà un Don’t go dans la tension bridée, qui calme joliment le jeu en se faisant plus “climatique”, ceci sans perdre de sa puissance de feu. Les guitares s’y embarquent dans un bref solo, de choix, à l’unisson avec une rythmique qui assure pleinement le “job”.
On a alors atteint la moitié de Genuine feelings, Pariah dna livre alors sa vigueur étayée par de fins claviers. Hibernation blues mord à son tour, les secousses rythmiques qui l’animent sont l’un des atouts du groupe, combinées au chant de Sam et à une instrumentation “wild” hautement réjouissante. Comme l’est Take control, massivement poppy, que suivra Oceanwide, posé, finement conçu. Il s’agit là d’un bel interlude, sensible, avant deux titres de fin à la portée similaire. I want her, tout d’abord, toujours colériquement mélodique. Puis un Tough violence dont les effets…font effet, qui génère un psychédélisme enivrant, subtil et bien construit. Avec sa belle envolée, il conclut parfaitement un album qu’on risque fort, à l’instar de Hidden tensions, d’écouter jusqu’à l’épuisement. Sans oublier, bien entendu, d’assister aux lives du groupe, toujours excellents.