Wild Child – The next decline

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Incontournable groupe marseillais né dans les 70’s, Wild Child s’inscrit dans une mouvance stoogienne bien “wild”, mâtinée, à l’occasion, de tendances métal liées à son époque. On a donc grand plaisir à s’injecter la sortie de The next decline, album prévu en 1985 et n’ayant jamais vu le jour…avant aujourd’hui, par le biais de Celluloïd/Rue Stendhal qui le remet au goût du jour.
L’idée est d’autant plus louable qu’on y adjoint ici le premier 45 tours du groupe et Speed life o’mind, son premier jet éructé datant de 1982. Dix-huit morceaux font la sève de ce recueil, l’inaugural Stooge face envie de suite du lourd, impose la déjante riffante de Little Jim et son acolyte guitariste Leeroy Stanner. Derrière, la rythmique ferraille sévère; on n’est pas là pour peler les bananes et ça joue acéré, de façon maîtrisée aussi. En ce qui concerne Speed life o’mind, on ne doute guère quand retentit She drives me insane: le propos sera direct, sans détours inutiles. S’il n’inclut que sept titres, l’opus trouve parfaitement sa place dans une veine Stooges/MC5 endiablée. Harmonica et synth-guitar étayent discrètement le tout, qui peut l’espace d’un bien beau Dusty friends se faire plus bluesy-psyché. On évite ainsi le tout frontal mais on le privilégie; l’initiative est porteuse, le chemin d’un rock teigneux reprenant sur Modern people pour enchaîner avec le même impact sur I don’t care. L’éponyme Speed life o’mind concluant l’affaire en mid-tempo modéré, puis plus galopant, pour assurer l’équilibre d’un rendu probant.
Il est alors temps de s’offrir The next decline, ce dernier prenant des atours métal, ou heavy-punk, bien sentis. The next decline cingle d’entrée, fort d’un son concocté par Jacques Keleo qui fut l’ingé son des concerts du groupe. Là encore, on ne fait pas dans la démonstration, ou plutôt si: celle d’une capacité affirmée à signer des compos marquantes. On ne crée rien, certes, mais on fait bien, très bien même, le boulot en y incluant des mélodies qui elles aussi tiennent la route. Les sudistes s’offrent même un encart doucereux avec Hard love et celui-ci, réussi, tient son rang au beau milieu du déluge de morceaux percutants signés Wild Child. 
Il est en effet sauvage, le garçon; il le prouve dès l’amorce de The night, qui trace, mais il sait mesurer sa rage pour atteindre un niveau encore élevé (Loco motion et son groove “de basse” remarquable). On décèle une aptitude à mêler les tempos évidemment estimable, naturelle, mais aussi à ne pas faire dans l’uniforme en termes de couleurs musicales. Tout est bien imbriqué, bien exécuté aussi. Le riff est roi (Soldiers), il arrose l’album de ses percées. Wild Child, en quasi-fin de parcours, offre lui un nouvel encart adouci pas moins concluant que le premier. 
Enfin, on retrouve un rock haineux à l’écoute de Crushed metal; c’est un peu la marque de fabrique du groupe “mais pas que” et pour finir, un You never gonna die extrait de la même source, illuminé par des incrustes mélodiques, crédite définitivement ce combo précieux et la pertinence d’une sortie-ressortie tout aussi cohérente.