The Soft Moon – Deeper

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Pour avoir écouté et réécouté Zeros, l’effort précédent, et avoir vécu l’expérience live, l’oppression et l’opacité de  The Soft Moon sont connues et ce Deeper en surprendra plus d’un tout en restant dans la lignée froide et mécanique du Luis Vasquez, instigateur du projet.
La nouveauté, c’est l’apport d’un chant plus fréquent, moins “planqué”, et des velléités mélodiques qui se fondent parfaitement dans l’ensemble (Try, par exemple), l’usage de sons froids et triturés, de lignes de basse charnues et underground, étant à nouveau de mise. On n’atteint pas non plus la frénésie des morceaux les plus percutants signés auparavant et pourtant il semblerait, l’écoute le prouvera, que The Soft Moon se bonifie avec ce revirement somme toute judicieux.
La barre était déjà placée haut, un cran supplémentaire est donc franchi. Black, indus à la NIN parfaitement joué, montre la voie, Far déborde d’une cold-wave délectable, la voix y arrondit les angles et le décor sonore est, on ne s’en étonnera guère, parfait, qui plus est jamais figé sur ce Deeper que Wasting valorise ensuite avec sa trame lente et ses belles mélopées glacées. Voilà un album qui rend captif, de sa noirceur bien dessinée comme de ses climats ou de ses déchirures ou envolées synthétiques (Wrong avec, aussi, ses voix d’abord traficotées ensuite alliées à un chant “réel”). On navigue donc entre cold et indus, de façon globale, electro et, au delà de ces genres récurrents, un mal-être que Vesquez expulse ici de la plus belle des manières. Desertion, appuyé avec ses séquences enivrantes, l’y aide en se distordant dans une embardée noisy en même temps qu’il valide l’excellence de ce nouveau cru. Without se met à nu, intégralement ou presque, chant et claviers en sont la seule matière, Feel use d’une basse obsédante et jette une electro encore une fois froide et groovy, on découvre dans le même temps un organe vocal en phase avec son registre.
Il va donc sans dire qu’on s’en entiche, de Deeper, de plus en plus profondément d’ailleurs, avec l’aide du morceau éponyme, indus leste et pourtant agité, avant un Being constituant le format le plus long du disque, au delà des six minutes. Ultime essai cold rythmé, porteur d’un break destructuré et d’un final bruitiste comme pour rappeler que le tourment, s’il prend ici une forme musicale passionnante, demeure…