Githead – Waiting for a sign

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Quatrième sortie pour le Githead de Colin Newman (Wire), avec Malka Spigel et Max Franken (Minimal Compact) ainsi que Robin Rimbaud (Scanner), projet d’obédience shoegaze option plutôt éthérée. Un disque qui sous ses airs de ne pas y toucher, à première(s) écoute(s), presque ennuyeux même au départ car mou en apparence, révèle ensuite de sérieux atouts, à commencer par cette dualité mélodique-offensif et une variété de climats qu’on approuvera fortement. Un chant léger et aérien, qu’on rapprochera justement de la mouvance shoegaze/dream-pop, sert de trame aux neuf titres joués. Ceux-ci changent donc d’ “humeur” en gardant comme trame ces vocaux rêveurs greffés à une trame tantôt lancinante (Not coming down qui inaugure les festivités, puis Bringing the sea to the city toutefois plus mid-tempo), teintée de guitares douces-amères largement estimables, tantôt plus mordants, voire kraut spatial, “motorik” pour l’excellent To somewhere.
Malka et Colin officient au chant, l’atmosphère demeure quel que soit l’intervenant; ainsi, For the place we’re in ne se dépare pas de sa tranquillité songeuse bien que le frontman de Wire tienne le micro, tout comme Air dancing, où les deux chantent, et ses jolis motifs (c’est l’une des forces de Githead, ses ornements ajustés, sans aucune surcharge). On reste donc dans ce ton retenu sur une grosse moitié du disque, Slow creatures validant les espaces “dreamy” du groupe tout en commençant à lasser, légèrement mais tout de même, par des penchants nuageux somme toute un peu trop tranquilles.
C’est alors que le quatuor hausse le rythme avec Today, très bon, en doux-amer réussi, et signe ensuite un What if? lourd. Lesquels cassent gentiment et avec à-propos la dynamique “introspective” de l’oeuvre, sans cependant altérer son côté dream, auquel un peu plus de rudesse est simplement insufflée. Waiting for a sign, en conclusion, venant intensifier ce penchant tout en se montrant prenant, obsédant, par ses atours kraut, sa bonne balance entre mélopées de qualité -c’est ici une constante- et densité sonore. Le tout dans la cohérence, pour un résultat de bonne facture bien que globalement trop mesuré.