My Jazzy Child – Camarade Violence-A collection of unreleased tracks and demos 2002-2009

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Fleuron d’un label –Clapping Music– qui ne compte que des artistes décalés, on l’en félicite, Damien Mingus AKA My Jazzy Child s’est déjà mis en évidence sur plusieurs sorties et compile aujourd’hui ses démos et titres non publiés.
Camarade violence, le recueil ainsi constitué, réserve une palanquée de bonnes surprises, étrangement intimistes (Anxieuse et son electronica “in French”) ou clairement plus noise (Histoire de famille et sa “dubstep (hum)/noise explosive et saccadée), ou encore ouvertement basée sur la superposition vocale (L’envers du décor). Deal with that sert sans coup férir une electronica-indie des plus seyantes, obscure et mélodique, qui taquine dangereusement The Notwist au point de pouvoir prétendre le détrôner, Pour plaire dure…24 secondes mais offre une trame prenante, urgente, qu’on aurait aimé voir se développer, Class rip livre des riffs secs (signés Orval Carlos Sibelius) sur voix caractéristique de Mingus et rythme insistant, le tout est étonnamment (ou pas s’agissant du bonhomme) bon pour une collection de “chutes”et vaut largement un véritable album.
Il s’écoute d’ailleurs comme tel, fait autant honneur à la douceur qu’à l’abrupt, le tout avec style et un sens de la construction qui n’est plus à démontrer. Pure and natural fait parler son intitulé, on a aussi droit après ça à une chanson bricolée avec dextérité (Ce petit jeu) et de façon générale, c’est justement cet esprit “bricolo” versatile porteur à souhait qui saisit et fait la cohérence et l’excellence de l’essai. Sweet legs lady riffe dur, se pare d’une electro vive et hachée et tape bien entendu fort, on se régale de l’initiative prise par My Jazzy Child de ressortir ce bric à brac sonore génial. Du grand art (dont le nom résumerait le contenu à la perfection) remet en avant ces chants doux, puis No matter how hard you try, galopant, porte le coup de grâce sous la forme d’un morceau court et aussi fin qu’appuyé, avec un travail sur les voix ingénieux. A l’issue donc d’une compilation “home made”, dans la lignée de tous les efforts de l’artiste en question, et chaudement recommandée.