Un surprenant Loïc Lantoine au Théâtre les Docks de Corbie…

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Il est beau, ce Centre Adhalard, avec son Théâtre les Docks. Elle est belle et animée, cette ville Corbéenne et sa culture honorée, ce mardi soir, par un Loïc Lantoine qui, blagues à l’appui, loghorrée d’entre morceaux parfois lassante aussi, a régalé son public, venu nombreux, de morceaux à la plume sagace.
Dans un répertoire chanson qui réalise la prouesse de ne jamais ennuyer, avec, bonus génial, quelques embardées rock appréciées (une reprise finale de Johnny Cash, appuyée, couronnera d’ailleurs sa prestation tout comme l’apparition de son pote Pierrot Margerin, local bien connu), fort de chansons au pouvoir d’évocation certain, le gars du Nord usera du ch’ti, froissera le public avec humour et finesse. Car il l’aime, son public, et le gratifiera de réalisations superbes, sincères, parois “Breliennes” dans l’attitude comme dans la diction. J’ai changé, affirme son dernier opus en date; si le bonhomme a changé, c’est de toute évidence pour le meilleur et ses chansons transportent en même temps qu’elles offrent des trames instrumentales de toute beauté, en doux-amer charmeur ou offensif.
Généreux, Loïc jouera plus d’une heure et demi, baladera son auditoire Au bord de la falaise, où il  lui fera jouer Le Funambule pour ensuite regagner la Grande Route. Il n’aura Même pas honte, évoquera Olympe (“Si tu bois des larmes, t’en feras des armes”, on a connu pire comme mots et maux) en tire-larmes poignant. Son parcours déjà fourni, sa théâtralité authentique (Lui), ses airs d’Arno plus juvénile, si on peut dire, le rendent attachant au possible. Autour, la trame est bluesy, jazzy, chanson bien sûr ou rock mais à aucun moment creuse ou “suiveuse”, tout est bon et le public acclamera, réclamera le retour aux rappels d’un ptit gars qu’on considérerait vite comme l’un des nôtres. Ce n’est pas le Grand matin, comme le dit l’un de ses morceaux, mais plutôt le grand soir et l’univers personnel à souhait du quintet génère un moment marquant, rugueux et tourmenté parfois au beau milieu d’essais fins (C’est toi qui moi, Ne bouge pas). Comme souvent, d’ailleurs, dans la cité Corbéenne dont il est impératif d’étudier plus en avant la programmation musicale et culturelle…
Photos William Dumont