Robi – La cavale

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L’hiver et la joie, son premier album (dont j’avoue ne rien savoir, à tort..?), avait créé la surprise, fort d’un contenu pop moderne, d’un duo avec Dominique A et d’une reprise de Trisomie 21.

A l’heure du soi-disant “décisif” second effort, nommé La cavale, Robi est annoncée comme constructrice de ponts entre post-punk et langue Moliérienne déviante; on s’en réjouit mais à l’écoute, l’encanaillement cold est trop peu fréquent pour qu’on considère la démarche comme aboutie, réellement porteuse. Le verbe est adroit, le chant à mon sens trop sage et pourtant, entre sagesse du propos et embardées plus insoumises, une certaine justesse est partiellement trouvée. L’amorce est en demi-teinte (L’éternité puis Etre là, timorés et dans le même temps, forts d’une réelle identité), la suite se fait plus lunaire avec deux excellents essais: Devenir fou et ses soudaines saccades rythmiques, puis Nuit de fête et sa basse rondelette, ses sons ici réminiscents de la vague cold. Danser voyant ensuite l’artiste retomber dans ses travers “chanson” trop sirupeux, Le vent réinjectant avec bonheur des sonorités non-conformes dans le registre encore trop poli de Robi.

On peine donc à complètement adhérer, mais A cet endroit greffe au chant de Chloé Robineau une concoction organico-synthétique seyante, suivi en cela par Le chaos, minimaliste à l’instar des autres compositions (à double tranchant car aussi décisif et attachant que frustrant), obscur, plutôt convaincant à l’arrivée. Il y a dans La cavale un réel cachet, mais on l’aimerait plus affirmé, plus sauvage, moins distingué et plus fidèle à ce que l’annonce laissait supposer. A toi, lent, nuageux, est bon, ses cordes font bon ménage avec des sons plus offensifs, mais l’impression de léger inachevé demeure. Par ta bouche va l’estomper quelque peu, par ses sautes d’humeur soniques bien vues -façon Young Gods de la première heure-, son climat gris, et l’éponyme La cavale, enfin, à l’image de son prédécesseur, menaçant, conclura de belle manière un disque certes singulier, mais -ce qui n’engage que moi-, encore trop sur la réserve en dépit d’une individualité certaine.