Merveilleux Isaac Delusion, précédés par Julia Losfelt, à la Lune des Pirates…

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Dans l’élan d’une bonne soirée Celebration Days, la Lune des Pirates offrait une date plus légère et “poppy” avec la venue d’Isaac Delusion, avec dans ses synthés Julia Losfelt, jeune parisienne à l’univers electro-pop très atmosphérique, seule avec sa voix, sucrée, et ses claviers donc.
La brunette, discrète, signant ainsi un set spatial dont elle bat doucement la mesure, debout telle Bobby Gillespie avec les Mary Chain mais sur un Alesis, cette fois, et de façon beaucoup plus soft. Il en résulte de beaux moments de flottement, à la manière, parfois, du Portishead le plus léger, James Blake faisant également partie des sources d’inspiration de la Dame. Un halo de douceur bienfaisant quand bien même il décolle peu. Up today et ses voix fantomatiques, la bien nommée Quiet storm ou encore Away définissant un espace musical inédit, qui vaudra à son auteure des applaudissements retenus mais mérités.
Alors bien engagée même si -trop- ouatée, la soirée allait prendre une belle envergure avec Isaac Delusion, quatuor à la fois doux et acéré, euphorisant aux compos tout bonnement addictives, en gâteries pop mais surtout “multigenres” que la voix de Loïc, sensible, des synthés aux décors prenants et des montées rock sublimes vont étayer. Enfantant un concert éclatant, subtil et débridé, qui groovera constamment sous l’impulsion d’une basse entêtante, Jules et Bastien (ce dernier, multi-instrumentiste, faisant lui aussi merveille) assurant des nappes de classe supérieure qui vous prennent dans leurs filets. 
Plusieurs morceaux forts (The devil’s hand et son riff blues-rock, Midnight sun et son electro nuptiale, un The child you were émotionnel, Pandora’s box et ses sonorités à la Foals), agrémentés de sons venus de l’esprit fertile du groupe, faisant de ce concert un must absolu, que le public acclamera cette fois à renforts de cris synonymes d’extase. Dragons, selon une cadence lancinante, ou l’étincelant Children of the night où Loïc fait à nouveau sensation vocalement (il y a aussi, chez Isaac Delusion, des élans 80’s irrésistibles et un côté ombrageux, acidulé, parfait), la pépite She pretends ajoutant à la portée de l’instant, magique. Et Sleepwalking, splendide, marqué et partant à l’envi dans des chemins de traverse dansants et percussifs, ne faisant au final que renforcer le bonheur né d’une prestation bluffante. Le tout dans la modestie totale et selon une cohérence groupale elle aussi étonnante. Superbe!
Photos William Dumont.