Swearing at motorists – While laughing, the joker tells the truth

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“Pratiquant” depuis vingt ans, orfèvre d’une folk/lo-fi qui évoque Swell de façon réjouissante, le Swearing at Motorists de Dave Doughman et Martin Boeters est basé à Hambourg et se voit hébergé par A Records, le label d’Anton Newcombe. Il y sort ce premier album depuis Last night becomes this morning (2005), où la paire brille de mille feux tant dans un registre folk dépouillé (Forever) que dans ses encarts lo-fi rudes et addictifs (Great actress, Academy award for best actor in a supporting role), ou tout simplement en se positionnant à mi-chemin des deux (un superbe et finaud Groundhog day (damn the piper), aux sons magiques).
Minimaux, généreux en nombre, les morceaux de While laughing, the joker tells the truth déploient des atours mélancoliques et forment un ensemble étincelant que sa vigueur parée de sonorités merveilleuses (Friend of mine) honore sensiblement. La succession de perles folk et d’incursions plus bruitistes se fait naturellement, le chant de Doughman respire le ressenti. On est ici dans le do it yourself maîtrisé depuis les premiers jets et le groupe s’auto-proclame à juste titre “critically acclaimed and commercially unsuccessful since 1995”. Ce qui ne l’empêche guère de continuer à oeuvrer avec un talent énorme, à imposer un répertoire aux griffures racées (Time and distance) ou décharné (The darkest September) entièrement “home made” et qui sied d’ailleurs parfaitement à l’esprit de sa nouvelle écurie.
On s’en délecte, d’autant qu’il y  ici dix-spet titres à se mettre dans les écoutilles et qu’à aucun moment le contenu ne faiblit, orné à l’occasion par des cordes (Don’t want to dream (about you)), subtilement joué (I like your style), ou plus leste façon Pavement (Wasting your time), avant de prendre fin sur ce It’s love that chooses you à l’acoustique pour une fois plus chaleureuse, de toute beauté.