Powersolo – The real sound

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Nouvel album pour les frangins Railthin AKA Powersolo, dépositaires d’un rock’n’roll qu’ils déclinent scéniquement et discographiquement avec une belle justesse et de façon large, en en parcourant tous les aspects sans jamais faillir.
Le bien nommé The real sound, leur nouvel opus, ne dérogera pas à la règle et va même chercher jusqu’aux origines du genre, se dotant par là même d’un cachet rétro de taille (New fashioned girl et ses inflexions bluesy-country, par exemple), conjugué à des essais qui évoquent pleinement The Fall (The leather suit) et à d’autres qui eux égalent Iggy dans sa déjante de valeur. Quatorze morceaux de classe sont au total joués, on recourt même au Français sur Des filles, proche de Bikini Machine dans ses instants Gainsbouriens, et on atteint l’excellence déviante des Cramps façon rockab’ aux gimmicks fatals sur l’amorce intitulée Bom babba do ba dabba avant d’enchaîner avec Sasquatch, façon The Fall là aussi, le chant se montrant étonnamment proche de Mark E.Smith.
Habile et inspiré même si influencé, Powersolo use d’une palette étendue, trouve constamment la ton juste, les sons qui obsèdent (Two headed woman), met du groove dans son rock aussi daté qu’inéluctablement actuel (Big lips). C’est très, très bon, les plages sont souvent assez brèves et retiennent d’autant plus l’attention, même sur les essais les plus tranquilles tel Salty lick. Aaarhus devient l’espace d’un album le QG d’un rock stylé dont la paire détient le secret et tire les bonnes ficelles, celles du “vrai” et de l’absence de révérence. Le tout avec panache, sans excès (Milk that thang), en reliftant le blues, aussi, avec le savoir-faire qu’on lui connait et reconnait (Sloppy bird boogie). Les Danois ont visiblement assimilé plusieurs décennies de rock’n’roll, nous refilent un nouveau délice en mode The Fall (Frantic), et terminent victorieusement un opus fourni et exempt de failles. D’abord avec Sonic sauce, bourru de par ses riffs assénés, fort d’un groove blues-rockab qui fait la différence, puis avec Tequila whiplash, gâterie bluesy mélodieuse qui conclut dans l’élégance vocale et instrumentale une rondelle qui tournera de toute évidence sans relâche sur les platines de ceux qui aiment avant toute chose le rock, celui qui ne souffre d’aucune fausseté et ne cède en rien aux sirènes du business.
Pas le genre, de toute façon, des deux acolytes qui le démontrent ici brillamment.