Johnny Winter – Step back

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Décédé le 17 juillet dernier, le monstre sacré du blues-rock et virtuose jamais trop démonstratif du jeu de guitare lié au genre, Johnny Winter, nous laisse en guise de “testament” un bel album de reprises ayant pour titre Step back, sur lequel il invite d’autres fines gâchettes.

Jugez donc: les Blues Brothers et leur “horns”, Clapton, Billy Gibbons de ZZ Top, Dr John, Joe Bonamassa, Joe Perry d’Aerosmith, Brian Setzer ou encore…Ben Harper pour un rugueux Can’t hold out (talk to my baby), la liste est de choix et chacun s’approprie sa “cover” pour un rendu dont la diversité musicale n’entache en rien la vertu. On trouve même sur ce bien beau disque, énergique et rock’n’roll, souvent, dans l’esprit, deux morceaux où la légende joue sans intervenant extérieur: un Who do you love sautillant, qu’il éclaire tant par son chant que par le son jeu, racé, et un Death letter roots à souhait, ouvertement “Delta”. Le mec se distingue donc une dernière fois avant, très certainement, la pluie de rééditions qui accompagneront sa disparition, et a de plus la bonne idée de mettre en avant une palanquée de musiciens qui ont du prendre un plaisir énorme, ça s’entend d’ailleurs souvent à l’écoute du rendu commun, à oeuvrer de pair avec lui.

On relèvera ainsi et entre autres Paul Nelson sur un Killing floor dopé à l’harmonica, animé, aussi, par un solo dénué de toute flambe, enchanteur, ou l’  “endiablement” d’ Okie dokie stomp par Brian Setzer, qui prend logiquement une couleur rockab’ inédite et de bon aloi. Mais au delà de ces quelques extraits méritoires bien que sans surprises ébouriffantes -là n’est pas l’objectif-, on retiendra la cohérence de l’ensemble, sorte de panorama de ce que le bonhomme savait faire, et faisait, comme nul autre. Le tout dans une ambiance rétro adroitement remise au goût du jour sans y laisser de son éclat, bien au contraire. Et dans une dominante bluesy rêche et stylée qui fait grandement honneur à son géniteur, dont l’ultime réalisation ici décrite suscite de plus l’envie de se replonger dans sa discographie, riche en immanquables de référence.