Benjamin Fincher – Kamishibai

0
1044
Originaire de Lyon et actuellement basé à Nice, Benjamin Fincher opère seul et joue une musique inqualifiable (pop orchestrale, folk lo-fi, indie rock, 8-bit électronique, on a du mal à s’y retrouver mais l’oeuvre est passionnante et le foisonnement créatif bien représenté par Kamishibai, premier album du sudiste).
A la fois fin et intense, celui-ci débute dans une intensité spatiale et presqu’euphorique (We always run, pas faux!), use ensuite d’une electro façon Radiohead mais de façon plus vivace, nettement moins ennuyeuse (Go outside), démontrant sans délai une belle inventivité. On part l’instant d’après dans des contrées plus mesures, célestes, finement ciselées (Long distance), puis une pop alerte et froide par instants, sacrément enthousiasmante, anime ensuite I wish I had a lower voice. L’artiste fait preuve d’ingéniosité dans le sons créés, et peut se permettre de grimper sur les nuages le temps d’un Wide eyed haut perché et nerveux dans le même élan: il ne chute jamais, l’ascension est vertigineuse et ne manque pas de vigueur. Benshi privilégie lui l’option grandiloquente mais non démonstrative, on prend aussi tant le savoir-faire habite la copie, à mi-chemin irréprochable, de cet inlassable bâtisseur sonore.
Pop et folk voisinent après ça pour un rendu une fois encore étincelant (Paper play), aussi racé que rugueux, et on se prend un tube pop-rock, electro et lo-fi à la fois (oui parfaitement, et ce sans plantage aucun!) intitulé Kamishibai, éponyme donc, dans la foulée et avec joie, dans la trogne. Joliment cuivré, le morceau propulse l’opus vers les sommets. Good thinks come in onces l’y maintiendra, on remarque d’ailleurs la pertinence des invités, dont on peine malheureusement à lire les noms dans le livret…
Pour finir, un Violet hour a capella ou presque, magnifié par les chants allant de pair, et en guise de dernier morceau, un A storm d’abord atmosphérique, adroitement serti et qui hausse ensuite la cadence de façon géniale, servent grandement l’intérêt d’une rondelle sans temps faibles, réalisation plus qu’honorable d’un musicien qui l’est tout autant.