Buffalo Daughter – Konjac-Tion

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Trio japonais au registre éclaté, influencé avant toute chose par le prog’ allemand auquel s’adjoignent une teinte techno-pop et divers courants tels que le shoegaze  ou le post-rock ou encore le dub, Buffalo Daughter signe avec Konjac-Tion son septième album. Ayant tourné avec Radiohead, Sonic Youth , les Beastie Boys ou REM, participé entre autres au fameux Tibetan Freedom Festival, et collaboré avec Alec Empire, UNKLE, Ben Lee ou Cornelius, il n’a plus vraiment à faire ses preuves et reste malgré ce “palmarès” dans une qualité constante que renvoie ledit album.

On peut bien sur s’y égarer quelque peu, le contenu passe un peu du coq à l’âne et pourtant, on reste dans l’écoute, happé par les touches kraut-psyché de Le cheval blanc, premier véritable morceau après Hit-it-go-round, introduction dispensable. A la fois léger et marqué, ce titre présente l’opus sous les meilleures auspices, impose même une voix off en Français et se pare de motifs décisifs qui feront à nouveau la différence sur Golden leaves, le morceau suivant. On est dans une sphère simultanément planante et agitée, puis les sources dub du groupe zébrent Calling out from the world of echoes, mêlées à de brèves incursions rock et portées par un chant sucré. Tout est bien fait, ajusté, Love & food s’avère même être un tube electro-pop simple et obsessionnel. La capacité de Buffalo Daughter à créer du son est de taille, on se voit transplanté en territoire funky sur Oui Oui sans que cela ne soit par trop déstabilisant.

On retrouve une vigueur plus affirmée avec The legend et ses airs de B 52’s, puis l’electro psyché cadencée de Vicious Circle fait également sensation. Le savoir-faire est incontestable et dans la foulée, Bring back 80’s instaure une electro-pop sucrée qui fleure bon…les 80’s justement.

Sur la fin, Klub des Loosers hip-hopise Les sirènes (Buffalo Daughter aime décidément le recours à notre langue), marqué donc par le hip-hop mais d’obédience electro-pop, assez spatial dans ses sonorités encore une fois inventives. Puis Don’t stop the music et ses huit minutes passées, changeant dans ses rythmes, envoie un trip-hop de choix, céleste, mettant fin aux festivités sur une note à nouveau concluante.