Altered Beast – Living for the sin

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Une fois n’est pas coutume, c’est à la scène métal amienoise, dignement représentée par Carnival in Coal récemment distingué en ces lignes, ou encore Heet Seas et Speed Science, qu’ira cette chronique et elle mettra en avant un groupe de vieux briscards issus de formations ayant déjà largement roulé leur bosse (Decline of Humanity, Yyrkoon, Vakarm & Como Muertos).
Altered Beast, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sort en quatuor ce Living for the sin qui justement, lui, ne ment pas en se montrant direct et authentique, bien positionné entre trash et heavy et dédié, comme indiqué dans son livret, à Ronnie James Dio et Dimebag Darrel
On est donc en terrain connu, mais aussi et surtout maîtrisé, FLH et consorts proposant là une pleine brouette de morceaux solides et puissants, speed (Vibration) ou plus massifs (Lost in paradise), bien conçus, bien exécutés et qui fleurent bon les effluves rétro. On y breake justement, on envoie la sauce comme il se doit, un peu à tous les étages et une belle puissance se dégage de l’ensemble. La voix oscille entre l’aigu et la plus rauque, l’instrumentation est assénée sans faire dans le brutal irréfléchi, des choeurs appréciables (Final assault) étoffent certains passages. On trouve dans l’opus des parties plus lyriques également estimables et à l’issu d’écoutes répétées, on adhère en se disant que la qualité n’est pas forcément à aller dénicher très loin. Des riffs maousse se font en outre régulièrement entendre, des variations rythmiques aussi (Jesus Christ and my motorcycle). 
Le disque est de plus fourni, généreux (quatorze titres au total), bien produit et plutôt inspiré. Il fait également ses preuves sur des formats courts et rentre-dedans (All I want is sex with you), incitant à un vigoureux headbanging et accomplissant par là-même sa tache première; réjouir et mettre les caboches en branle. Il ne fléchira pas même en ses derniers instants (Ways of betrayer et ses accents mélodiques, sur une durée cette fois élargie), et, s’il se veut plutôt daté dans le genre, distingue clairement Altered Beast, auteur par ailleurs de prestations live non moins abouties.