Mascarade – Rien n’a foot

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En ces temps de…mascarade brésilienne ayant pour victime le ballon rond, l’économie et la population pauvre du pays, les nordistes de Mascarade s’appuient sur l’évènement pour sortir un mini-album, Rien n’a foot, qui fait suite à leur excellent et inaugural J’aime pas Mascarade.
Bien entendu, humour, fusion et dérision sont au programme mais cette fois, c’est l’option punk-rock qui prévaut, les guitares acérées de Jibé (ex-Marcel et son Orchestre) et Tof (ex-La Cavaska) boostant le tout à coups de riffs dynamite tandis que le tempo se montre régulièrement élevé. Les travers du foot y sont dépeints avec une belle acuité, l’esprit délibérément “festif” peut irriter mais le contenu est une fois de plus bon, des relents funky l’épicent et lui donnent du groove (Allumez la télé ou j’tue l’chien). On appréciera aussi les morceaux rapides (Rien n’a foot), loin de laisser de marbre et encore moins immobile. Les claviers de Bidingue étayent également les titres (ce même titre ou encore l’excellent Pas un hymne de foot qui met en scène le mythique duo Roland/Larqué) efficacement.
Plus loin, les lacunes grammaticales (et pas uniquement) des footeux sont mises à nu de façon hilarante (Le football c’est violand), en mode punk-rock, encore, selon un esprit qui renvoie à la vague des Ludwig von 88 par exemple. Mascarade n’a rien perdu de sa verve et si le contenu est moins profond que sur l’opus précédent (logique au vu de la seule thématique abordée), on adhère sans plus tarder. Porteurs d’une identité reconnaissable, Jneb et ses acolytes confirment sur Ma femme porte le short, court et rentre-dedans, où les rôles -super idée- sont inversés. La pochette, déjà, dénonce le salaires exorbitants des pratiquants, de façon tout aussi tordante et humoristique. La largesse d’esprit, et stylistique, est bien sûr à l’honneur, le groupe concluant par un J’aime bien l’foot funky plus mélodieux, également probant. Rien à jeter donc, Rien n’a foot et son intro dédiée ironiquement à Platini dévoilant à chaque écoute son pesant de bons mots (et maux), le titre éponyme placé en début d’essai mettant en exergue les déboires de l’éternel remplaçant et mettant d’emblée l’auditeur dans les bonnes dispositions.
Coup gagnant donc, encore une fois, pour Mascarade, décidément bien et auto-dérisoirement nommé, qu’on attend maintenant de voir sur scène où il s’est déjà produit à plusieurs reprises et où ses prestations sont sans nul doute percutantes et mouvementées.