Singe Chromés – Singe Chromés

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Premier groupe signé par Mediapop Records, Singe Chromés est en fait le projet de Denis Scheubel. “Incasable”, ledit artiste oeuvre en notre scène depuis 1996 et s’illustre autant dans le domaine de la poésie, qui le sert ici grandement et lui permet de sortir un superbe album, que dans l’univers de l’art plastique.
Fort de dix titres qui mettent en avant un rock entre Bashung (le verbe et la finesse du propos) et les Young Gods (les sons de On roule dans la nuit), auquel une certaine urgence est adjointe, l’opus éponyme allie poésie imagée et rudesse, aussi, d’une instrumentation fatale, compacte et alerte (Le silence est d’or). Pour une “première”, Mediapop peut donc se targuer d’un coup de maître, qui doit autant aux 80’s dans ses retombées new-wave qu’au premier album éponyme lui aussi de la bande à Franz Treichler, ou encore au fameux L’eau rouge des helvètes (La fermeture).
D’ailleurs et à l’image de ce que peuvent faire les “Gods“, des relents célestes (Gone) s’allient à des séquences electro plutôt vives, cinglées par des guitares mordantes, le tout s’avérant brillant au possible et sans concessions; visiblement, ce n’est pas le genre de la maison. Entre chant en Français et usage de la langue de Shakespeare, rien n’est négligeable et le second volet, qui part d’un Reconciling psyché et haut perché, confirme le coup d’éclat de l’Alsacien. Qui réinstaure une classe verbale implacable sur Asteroïde, lequel évoque aussi Kat Onoma et par  conséquent Rodolphe Burger, autre défricheur de talent, avant un Mythe barré lui aussi de haut niveau, aux airs d’essai bluesy speedé et halluciné.
Enfin, la cadence insistante de Two people, finaud et massif à la fois, puis Flying lesson et ses guitares dures comme du silex parfont un disque qui mérite de faire date, frappé du sceau d’une classe brute et infiniment porteuse.