Zëro – Places where we go in dreams

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Escomptant revenir avec un album, le Zëro d’Eric Aldea fait finalement son retour avec un ep, qui contient tout de même sept titres, et réussit la prouesse d’égaler en qualité Hungry dogs (in the backyard), son opus précédent.
Affûté, acéré mais sachant nuancer son propos pour faire respirer son oeuvre, le quatuor lyonnais nous embarque dès Uprising et ses riffs durs, son chant caractéristique, dans une sarabande noise dont il détient le secret. Les compos présentées ici sont en général brèves et percutantes, tel ce Baltimore saccadé qui breake joliment. Finesse et urgence sont bien combinées, Horse race guru privilégie même la première option dans un climat jazzy de toute beauté qui évoque Kat Onoma.
Beau et colérique, Places where we go in dreams, l’ep en question, instaure dans la foulée des riffs une fois de plus bourrus, secs comme un coup de trique, sur Swimming with sharks. Noisy, le morceau fait dans le bruitisme cosmique et s’il exige un effort certain d’assimilation, confirme la grande forme de Zëro. Lock up marie ensuite, comme chez Marvin, élans noise et pointes plus “célestes” avec succès et dans une certaine retenue. Puis Minimal men réinstaure des plages saccadées “maison” de bon aloi.
Enfin, un format plus long permet à l’éponyme Places where we go in dreams, très spatial, kraut de par la réitération de ses motifs, de conclure joliment un disque à aller chercher, d’autant plus probant qu’il ne se livre qu’à l’issue de plusieurs écoutes.