Après un tremplin accompli, la FAEP valide l’essai avec un concert exaltant des Yalta Club…

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Huit jours après son tremplin étudiant, qui permettait à son vainqueur -en l’occurrence Thomas Albert Francisco-, d’effectuer la première partie du Faeps’tival, la FAEP conviait pour celui-ci les Yalta Club, “troupe” pop enjouée et dotée d’un registre haut en couleurs.
L’occasion était donc belle de revivre un temps fort musical, qui plus est dans les murs de la Lune des Pirates et “TAF” débutait donc avec un set une fois encore impeccable, décalé, agrémenté de surcroît d’une ou deux nouveautés forcément bienvenues. De date en date, le ressortissant de l’IUT s’affirme, instaure un répertoire diablement attractif et impose sa patte, de velours mais aussi rugueuse. Toujours un vif plaisir, auditif et sensoriel, assorti de textes habiles pouvant évoquer des thématiques “jeunes” avec humour et véracité, que ses apparitions.
Mention à l’artiste donc, une de plus, avant Elegant Fall et sa pop (trop?) fine, pour un concert de bonne facture, trop subtil peut-être. On aurait en effet aimé que les cinq amienois décollent plus souvent, à l’image de leur reprise, bien sentie et bien jouée, du Damaged Goods de Gang of Four. Il n’empêche, tout est ici bon quand bien même les “bourrasques” restent éparses et on se réjouit d’apprendre, au détour d’une conversation au zinc de la Lune, que le groupe s’attaque à la création d’une nouvelle composition “toutes griffes dehors”, qui étayera certainement efficacement des lives déjà bons.
Bien lancée, déjà plaisante et suivie par une foule permettant à l’évènement d’afficher complet, la soirée allait donc prendre fin avec Yalta Club, dernier fleuron en date de chez Atmosphériques. Lequel va pouvoir se réjouir de l’abriter tant la prestation du groupe, pop à la base mais large et basée sur l’échange, va épater l’assistance.
En effet, la haute musicalité des morceaux joués, leur positionnement à la croisée de époques (on pense autant à la britpop qu’aux late 80’s avec la Mano Negra pour ce côté festif et cuivré, à I’m From Barcelona pour l’euphorie qui s’en dégage ou encore aux Libertines pour les belles mélodies, fines et parfois speedées comme sur Wasting my time, In a meeting apportant lui une belle touche Strokes), va faire bouillonner la Lune et marquer de son empreinte ce Faeps’tival, j’insiste, probant à souhait. L’énergie à peine jugulée du groupe, foutraque façon Los Campesinos et pourtant maîtrisée, et la créativité de son registre, les quelques tubes qui en émergent (Fireman’s coming, Radio show et son refrain mémorable, Highly branded, un fringant Golden Boy qui m’évoque les French Cowboy, After et sa superbe finesse…) en font tout bonnement un immanquable du genre, “neuf” et hybride, de nature à rassembler et fédérer.
On n’en rate pas une miette, le public se trémousse avec vigueur, réagit du tac au tac aux petits jeux mis en place par le groupe et finira par le voir finir son concert au beau milieu des spectateurs, façon folk au coin du feu. Merveilleuse épilogue de ce Faeps’tival auquel rien ne manquait, organisé par une équipe de jeunes “gens bien”, compétents et humainement grandement valeureux. Et ce, pour la modique et dérisoire somme de 5 euros.
Photos William Dumont.