KG – Passage secret

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“Muet” depuis douze a ns, Rémy Bux aka KG, sorcier sonore de l’indispensable label strasbourgeois Herzfeld, refait surface après de nombreuses oeuvres shoegaze ou electro parues sur Antimatière et Gooom Disques.
Toujours prolifique, plus inspiré que jamais, il joue sur Passage Secret une electro turbulente (Mein herz schlägt nur für dich), aux accents parfois kraut, aussi passionnante chantée dans la langue de Goethe que lorsqu’elle se passe de chant (l’alerte et dark P36 en ouverture, excellent, puis le plus “lumineux” Übermorgen qui suit). Les claviers, déterminants, y étincèlent et créent des chapes sonores prenantes, le tout groove et s’avère grinçant, volontairement non-conventionnel. Chant naïf attachant et fond à la fois élégant et distordu (Auswendig) voisinent dans l’harmonie, l’agitation sonique est de mise (Nicht ums verrecken) et il faut bien le dire, on se délecte vite d’un tel ouvrage, underground et pourtant si subtil mélodiquement (440), qui riffe aussi sévèrement (Blut) et impose des cadences presque martiales tout en variant les tempos de façon fort juste.
Imprenable, Passage secret honore Herzfeld au même titre que ses nombreux groupes décalés, obsède par l’empilage de motifs malins (Claque-merde), par ses clairs-obscurs aussi (Pain sec), et fait définitivement mouche en prenant le contre-pied du conformisme sans pour autant sombrer dans les méandres de l’expérimentation. Ses morceaux courts et atmosphériques tel Steinsuppe virevoltent, Telefongeschwindigkeit fait de même dans une veine plus lancinante.
Enfin, Abschiedsspiel et son electro-rock noisy, et pour conclure Rebonjour l’électronique, instrumental tapageur mais aussi finaud, jonché de sons une fois de plus bien trouvés, enfoncent le clou d’un opus et d’un artiste en tous points remarquables, fleurons parmi d’autres d’une structure elle aussi chaudement recommandable.