Belle soirée live dans la Briqueterie amienoise avec Sweet Haze et Sleeping Village Orchestra…

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Si les concerts se raréfient à la Briqueterie, ils valent malgré tout le détour et ce fut le cas en ce samedi de décembre avec dans un premier temps Sweet Haze, jeune formation amienoise à la croisée des genres, puis les plus singuliers Sleeping Village Orchestra, au “blues chamanique” stylé et prenant.
Les premiers nommés assurant une prestation de qualité, certes à parfaire et à préciser d’un point de vue stylistique, mais qui fit valoir de bonnes réalisations (la dépaysante Egyptian song, la reprise de goût du Egyptian roulette des Lords of the New Church, Betty’s gift malgré son emphase dans le démonstratif émotionnel, par exemple) et un groupe cohérent, auteur d’un set à mon sens meilleur que celui donné à la Lune des Pirates, début octobre, en première partie des Sarah W_Papsun. On sent en tout cas un potentiel important, le son “envoie” en restant distinct, les mecs jouent réellement ensemble, en combo soudé et si le registre reste prudent, il s’avère prometteur sur scène et dans son contenu. Suivons donc l’avancée de cette Douce Brume qui gagnerait peut-être à s’extirper de son côté chatoyant mais laisse augurer, de façon perceptible, de sorties à venir dont il faudra tenir compte (dont un EP, si je ne m’abuse, prévu à court terme).
Ceci étant fait, Sweet Haze laisse place à Sleeping Village Orchestra, découvert il y a quelques temps lors d’un Bruits de Lune, avec les Belges de Vismets. Un quartet au répertoire bluesy plein de classe, obscur et plutôt minimal, joué de façon lancinante et qui imprime de façon indélébile une atmosphère feutrée, certes, mais à l’arrière-plan sensiblement ombragé. Instrumentalement, c’est magnifique, vocalement tout autant, le ressenti est palpable et les compos fines. Le groupe a de toute évidence trouvé son style et sa voie et de Order en ouverture, introduit par des ciseaux entrechoqués, à Broken pie en passant entre autres par Killing road ou encore Heaven is not good ou Baby lamb et ses accents torturés, on s’en délecte. L’album The last meal on earth à sortir prochainement exhale sa beauté troublée et, joué ici, dans un cadre qui lui sied, dévoile un groupe précieux.
Pour au final conclure avec distinction -musicale- une soirée de choix, dans l’espoir que la structure organisatrice puisse de nouveau multiplier ce genre d’initiative.

 

Photos William Dumont.