Rone et ses rythmes itératifs@la Lune des Pirates…

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“Evènement évènementiel” s’il en est, la venue du prétendument talentueux Rone à la Lune des Pirates d’Amiens, pour l’avant-dernière soirée du Picardie Mouv 2013, imposait la pose d’une affiche “complet” au guichet de ladite salle. Qui, bonne idée, accueillait également Plexus Darius & Année Lumière, paire composée d’ex-Beyonders, et We are Enfant Terrible, auteurs de prestations qu’on n’oubliera pas de sitôt.
Les deux comparses Antoine Agricola et Babak Taghavi, donc, jouant pour débuter la soirée une electro-pop/cold chantée en Français…ou en allemand (excellent titre), parfois, aussi, instrumentale, du plus bel effet. Les deux défricheurs, proches, en symbiose humaine et musicale, proposant une série de morceaux déjà envoûtants, imaginatifs et qui génèrent des climats prenants, tantôt lancinants, tantôt alertes. La paire ayant de surcroît l’excellente idée d’inviter Pierre Slick, chanteur des locaux Sobo, pour un remix du Space time de ces derniers. Dansant, à la fois froid et entraînant, le registre de Plexus Darius & Année Lumière, s’il reste bien entendu à étayer, produit déjà un effet significatif. Nappes de claviers et lignes de basses ou incusrions guitaristiques s’entremêlant pour un résultat souvent au dessus de la moyenne.
Positivement surpris -on s’y attendait, faut-il le dire, compte tenu du talent des bonshommes-, on se prend alors délicieusement “in our faces” l’ouragan We are enfant terrible. Lequel, mené par un batteur charismatique, au jeu explosif et mimiques expressives et une chanteuse tout aussi remarquable, va bombarder le public, massif, de ses pépites electro-pop/rock rudes et sauvagement mélodieuses, issues des excellents albums de la clique-trio, Explicit pictures et Carry on. D’emblée, les parisiens font la différence, embarquant l’assistance dans un tourbillon d’énergie inspirée et envoient, comme à la parade, une pléthore de morceaux imparables, vivifiés qui plus est par le live. We are enfant terrible, c’est, dans le même temps, sauvage et sensuel, ça mord, ça groove et on en redemande. Ici encore, synthétique et organique sont associés pour le meilleur, le groupe vit complètement son show et, à l’arrivée, régale la Lune. Tout bonnement excellent.
Puis c’est Rone, l’exilé berlinois mais bien Français, qui va à son tour et sans tarder faire s’agiter une armée de corps se tendre les bras au sein de la “Lune” par le biais de ses rythmes entre techno mélodique, ambient et electronica, bien trop réitérés à mon goût mais qui, on ne peut le nier, impactent fortement les personnes présentes et les mettent incontestablement en joie. Dommage qu’il n’y ait pas plus, au milieu de  ce déferlement de cadences se voulant variées, de chant car lorsque c’est le cas, c’est effectivement bon! Ca peut vite lasser, j’avoue d’ailleurs être de ceux qui “décrochent” à l’écoute et à la vue de ce genre de spectacle, mais les familiers de ce type d’univers s’en délectent et ce fut le cas ce soir, Erwan Castex quittant la scène sous des ovations nourries.
Bon moment de plus donc, dans notre Lune préférée, pour cette “pré-fin” de Picardie Mouv, que Woodkid et Juveniles, entre autres, se chargeront de parfaire en ce samedi soir de clôture.
Photos William Dumont.