Dragon Noir – Kinshasa mantra

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Disque à l’histoire particulière (invités par Benjamin Schoos, les trois frères Massamba, belgo-congolais qui forment Dragon Noir, se font la malle au moment d’enregistrer les prises de voix mélodique!!!, avant que Schoos ne tombe sur A cowboy & Indian, duo de producteurs littéralement excités par ce qui leur semble être du “krautrock africain”. Dans la foulée, ces derniers se chargent de finir le disque et, pour cela, recourent à des chanteuses additionnelles), Kinshasa mantra s’avère, passé la surprise d’un genre quasi nouvellement inventé, passionnant et haut en couleurs .
Ainsi, le top-model Nina Kay, sur Loverbeat, ou encore le chanteuse folk Tamara Schlesinger, de 6 not day, sur le single Black dragon, colorent-elles un disque déjà bigarré, barré, frappé du génie d’un trio musicalement aux sommets.
Africanisant, bien sur, “antique” et moderne dans le même temps, Kinshasa mantra s’avère inclassable et, dès les premières notes et la basse slappée de Kinshasa mantra part 1, vaudouise son auditeur. Un chant susurré ajoute au dépaysement et si la trame se veut funk, le rendu, cosmique, alerte, fait voyager et échappe à toute étiquette pour, au final, captiver de façon irrémédiable. Ce sera le cas sur tout l’opus, entre Save me et sa finesse sautillante, qui parfait l’amorce, et ce Shine a light on me, où la voix d’Adil Magik surligne un funk encore une fois magnifiquement pensé. Une pléthore de sons imaginatifs déferle, les trames construites sont géniales, les voix, travaillées, traficotes, associées parfois, tout autant et pas une seconde, on n’est en mesure de résister à cette rondelle qui emmène haut et loin sans délai. Le bien nommé Dance with me, ces entrelacs de rythmes et de sons sortis d’on ne sait où font mouche et le tout s’écoute d’une traite, se vit comme un voyage sensoriel, presque physique, dans des contrés reculées. On n’extrait aucun titre en particulier, tous sont excellents, inventifs et qu’on ait à entendre une voix féminine charmeuse ou une autre, masculine et plus “rude”, l’effet persiste et demeure optimal et, au delà de ça, durable.
On reste en phase lorsque le tempo se fait plus lent (Crazy) et verse dans le psychédélisme, on s’offre un véritable morceau de bravoure avec un Kinshasa mantra part 2 long de dix minutes, lui aussi “haut perché”, et on constate que les interventions d’Adil Magik, à l’instar de celles de ses camarades de featuring, ne faillissent pas au moment d’achever un album impeccable, aussi décalé que chaotique dans sa conception et irrémédiablement attirant de son début à sa fin.