Naïve New Beaters énergise, après Nasteen et les surprenants Aufgang, les Rendez-vous du Fleuve 2013…

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Pour sa reprise, La Lune des Pirates se voyait confier par la Région Picardie la tenue de ses Rendez-vous du Fleuve annuels, installés cette année dans les marais de Camon, en banlieue amienoise. L’équipe dirigée par Fred Carré faisant le choix, une fois encore plébiscité, d’un espoir local electro-rock ayant déjà fait ses preuves sur nos terres, Nasteen, en le faisant suivre des singuliers et passionnants Aufgang. Pour, en guise de cerise sur un gâteau déjà somptueux, faire échoir la conclusion de ce vendredi soir de festivités aux Naïve New Beaters, trio franco-américain redoutablement hybride et scéniquement imparable.

Nasteen

L’amorce allait de ce fait permettre au public de (re) découvrir Nasteen, au répertoire étonnamment efficient mais qui allait malheureusement, pour le coup, pâtir d’un set amputé de quatre morceaux, horaire tardif oblige. Fait d’autant plus regrettable que ceux-ci devaient mettre fin à une montée en intensité que le public pressentait mais qui, prometteuse, n’a jamais pu donner toute son ampleur. Il n’empêche, le trio amienois investit la scène avec classe et conviction, se montre mature et mérite largement le détour, en atteste un “mi-concert” de valeur auquel on s’empressera de donner suite lors de ses dates à venir, un EP étant par ailleurs si je ne m’abuse prévu à moyen terme.
Place ensuite à Aufgang, aussi pluriel dans sa composition (un luxembourgeois, un libanais et un batteur français issu de Cassius) et son instrumentation (2 pianos, 1 batterie et du chant très épars), qui d’emblée fait valoir un registre (le genre) aussi classique que décalé, aussi math que jazz ou electro, diablement singulier. Entre coups de boutoir subtils et breaks techniques mais sans frime aucune, voilà  un groupe génial, beau et/ou brut, premier vrai coup de semonce du soir. Une formation précieuse, défricheuse et inventive, aussi émotionnelle que capable de groover au piano (Diego Maradona, entre autres pépites audibles à cette occasion) ou de “tracer” sous l’impulsion de rythmes incoercibles (Stroke).


Aufgang
Ceci étant fait, le gig des Naïve New Beaters, emmenés par un chanteur charismatique au look très en vue, fit ensuite monter la pression d’un cran supplémentaire et déchaîna la foule, embarquée dans une liesse visible. Entre rock et rap, le tout saupoudré de  touches electro ou encore joliment pop, les signataires de Wallace et La onda s’y entendent pour enflammer l’assistance, à l’aide de leur pléthore de tubes et d’un jeu de scène agité, énergique et fédérateur. Grands et petits, jeunes et “vieux”, les spectateurs des Rendez-vous du Fleuve ne s’y trompent pas et se trémoussent à l’écoute et à la vue des morceaux, plus “costauds” que sur disque, de Martin Luther BB King, Eurobelix et David Boring. Impossible de rester impassible, les Jersey, Live good et autres  Shit happens ou encore Get love produisant un effet de folie et dégourdissant les gambette sans délai. Qui, le temps, aussi, d’un Can’t choose hautement groovy, frisent la déchirure musculaire.
Plus que réussis donc, ces Rendez-vous du Fleuve de rentrée auront, en plus d’avoir rendu celle-ci supportable, offert l’occasion à tout un chacun de passer un sacré bon moment musical, avec comme ingrédients l’originalité, le savoir-faire et une belle prestance live.
Photos William Dumont.