Devon Miles – We may lack time, but we don’t waste it

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Formation orleanaise existant depuis plus de 10 ans déjà, Devon Miles sort tardivement son premier long jet, après une démo et des EP’s remarqués. Il y pratique un rock basé sur un alliage émocore/indie/noise, dans lequel il excelle.

Hébergé par Opposite Prod, le label de ses potes des Burning Heads, le groupe influencé de façon maintenant imperceptible par Fugazi, Biffy Clyro ou Pretty Girls Make Graves marie force et mélodie rageuses avec dextérité, envoie des riffs durs et réjouissants, saccadés (Lack of time (is a good place to hide)) et signe un bien bon disque, incandescent et dont on ne peut extraire tel ou tel morceau. Ici, on ne fonctionne pas au tube mais à l’unité, à la pertinence et à l’identité, bien assise. Chacune des neuf chansons jouées vaut le détour, We may lack time but we don’t waste it est de plus assez court pour ne pas relâcher l’étreinte (à peine 30 mns) et Mr Advice puis Golden cage, les deux premiers titres, assurent d’emblée un contenu efficient et sans détours par trop normés. Un écart gentiment reggae est audible sur l’amorce de The journey is the reward, nerveux et doté lui aussi de riffs bien sentis, ce qui sera aussi le cas de Gimme more sound et nombre d’autres compos.

De plus, le chant se fait à l’occasion plus mélodieux, accroissant ainsi l’impact de ce digipack attractif, qui croise les genres pour, au bout du compte, exploiter le filon d’un genre neuf. Neuf, comme le nombre de morceaux offerts, tous individuellement au top (Tommy Gavin, exemple  de réalisation “hybride” aboutie) et assortis comme ledit titre d’ouvertures vocales à la “Burning”. La fin est elle aussi brillante, entre l’haché Unbelieve et l’insidieux Fidding the figures, et l’objet convaincra sans peine les partisans, nombreux et on s’en réjouira, d’un rock éloigné des diktats et basé sur le DIY.