L’asso amienoise Zébulon donne une seconde vie au classique de Wallace Worsley, Satan (the penalty), aidée en cela par deux musiciens talentueux…

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Association louable dans ses actions, basées sur l’audiovisuel et visant à favoriser l’engagement ainsi qu’à susciter une réflexion s’appliquant à nos pratiques sociales ou culturelles -ou encore citoyennes-, le tout sous l’impulsion, donc, de l’image, Zebulon organisait en ce mercredi de juin un évènement singulier.

En effet, la fringante et pittoresque Briqueterie lui servait d’antre pour, dans le cadre de son volet Mémoire Vivante, mettre en place un ciné-concert ayant pour support filmique le classique de Wallace Worsley, datant de 1920, muet et ayant depuis influencé bon nombre d’autres films et/ou réalisateurs: Satan (the penalty). Avec, à charge de l’illustration sonore, Leandre Vaucher et Ben Moritz, issus d’horizons musicaux et s’étant communément préparés, dans le cadre d’une résidence, à l’évènement.

“Armés” d’ordinateurs et de violoncelles, les deux comparses, doués, ont largement fait honneur à l’initiative de Zebulon en proposant un accompagnement si juste et adapté qu’on en aurait presque oublié que le film projeté était muet. Riche en rebondissements, en variations d’humeur aussi, à l’image de l’excellent Lon Chaney qui incarne -le terme est juste- le personnage principal, Satan (the penalty) a en cette occasion trouvé un second souffle, parfaitement étayé dans ses climats et remous par une instrumentation tour à tour subtile, grinçante, mélodieuse ou dissonante, continuellement en phase avec le déroulement d’un film soudainement étonnamment parlant. Validant ainsi l’idée de la “team” Zebulon, qui sera sans aucun doute suivie d’autres au moins aussi pertinentes et décalées. Rendez-vous étant pris, dans ce cadre, à la Maison de la Culture d’Amiens le 26 de ce mois, pour la projection de “L’enfant aveugle” de Johan Van Der Keuken. Avec pour objectif, dans le cadre cette fois du projet culturel “Par les docs“, de mettre en avant le documentaire dans la convivialité d’un temps de rencontre et d’échange.

Incontestable réussite donc, doublée d’idées foisonnantes, sociales et sociétales dans l’esprit, que ce ciné-concert qu’on espère suivi de bien d’autres, dans le décor attachant de notre “Briquet'” locale.

Photos William Dumont.