Un Quai des Jeunes folk-pop de toute beauté au New Dreams amienois…

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Placé sous le signe de la pop-folk, en partenariat avec la ville de Metz, ce Quai des Jeunes de mai promettait puisqu’il associait deux artistes locaux de talent à The Yokel, magnifique duo issu de la ville lorraine. Le premier de ces deux groupes amienois, Thomas Albert Francisco, se distinguant une fois de plus en ouverture par la magie de sa formule guitare-voix/ boucles en jouant un folk pur et/ ou nerveux, seul, qui allait se révéler à bon nombre de personnes présentes pour l’occasion.

Thomas Albert Francisco

Confirmant les aptitudes entrevues lors de son passage à l’Ouvre-Boite de Beauvais puis dans la “Lune” du coin, “TAF” impose en effet un répertoire personnel et très stylé, loin de l’uniformité d’un folk dont le défaut est de tomber en certaines occasions dans la platitude en fonction de qui le joue. Ici, on est dans un territoire diversifié, et l’alliance entre jeu réel et parties enregistrées fait merveille. Ce qui permet d’assurer une introduction pleine de charme et d’un genre attractif, avant la venue des excellents The Yokel.

The Yokel

Mi-féminine mi-masculine, la paire folk allait enfanter un set folk entrainant (You roll and kick your bucket Billy), superbement chanté à deux voix, et présenter de superbes réalisations  (Hang out and over, entre autres nombreux exemples) signées Tibo Sibella et Lucile Hentz, à la symbiose parfaite. Entre influences 70’s et sources d’inspiration plus récentes, The Yokel assimile parfaitement le courant folk et le fait sien, en rendant une copie parfaite et génialement minimaliste. Bien belle révélation donc que ces Péquenauds, comme l’indique leur nom, devant lesquels on reste bouche bée à dodeliner de la tête tout en se disant que décidément, la qualité n’est pas forcément à aller dénicher outre-frontières. Fin ou plus “speedé”, usant d’un panel d’instruments élargi et original tout en demeurant sobre, “la petite rousse et le gorille” livrent un gig de nature à marquer les esprits et justifient le choix d’Acouzic de les programmer pour ce dernier “QDJ” avant la période estivale.

Elegant Fall

Il ne reste donc qu’à conclure en beauté et Elegant Fall va s’en charger sans fauter, en jouant sa pop subtile travsersé d’instants plus fougueux. In my room et le finaud et alerte Puppet in the snow, les deux titres “vedettes”, associés à d’autres essais aussi aboutis, marquant l’avancée d’un groupe qu’on sent plus posé, plus pertinent dans ses travaux. Et qui, sous le joug de son leader Ronan Mézière, sort de son escarcelle de bien beaux joyaux pop, aux influences tant mélodiques que plus rageuses et, surtout, bien digérées. Reste donc à Elegant Fall à étayer son carnet de route, chansons et scènes donc, sachant que la haute tenue de l’actuel registre plaide forcément en sa faveur. De même que ses apparitions sur les planches où la beauté du propos, qu’on aimerait peut-être, toutefois, voir décoller un peu plus et sortir de sa relative sagesse, s’exprime à plein.

Belle édition, pour conclure, que l’évènement en question, organisé par une asso précieuse pour la scène locale et d’ailleurs, sous l’égide du Service Jeunesse de la Ville d’Amiens. Dans l’attente bien évidement d’autres soirées aux talents certains.

Photos William Dumont.