Herman Düne – Mariage à Mendoza

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Sollicité pour illustrer “Mariage à Mendoza” d’Edourd Deluc, qui retrace un road-trip burlesque et radieux sur les routes argentines, Benjamin Biolay étant de la partie en tant qu’acteur, Herman Düne s’est donc attelé à écrire et composer des instrumentaux, soli de guitare et autres compos, superbes (la voix de Mayon ajoutant au charme desdites chansons) qui constituent donc au final la B.O. dudit film.

On y voyage, comme lors du film, entre instrus country-bluesy pétris de style et dépaysants et compositions (six au total sur la vingtaine de morceaux livrés, sans que la pertinence de l’album n’en pâtisse) elles aussi racées (The wrong button puis Holding a monument, enchainement génial). La succession de ces travaux met l’auditeur en situation et se substitue presque à l’image, manquante, tant elle met en avant la capacité de David-Ivar Herman Dune (aka Yaya) et Cosmic Néman Herman Dune à ériger des vignettes sonores émotionnelles, subtiles et conçues avec génie.

Des penchants psyché s’y développent (Escape to the moon), de même qu’une grande finesse dans le jeu, de guitare notamment (Canon for brothers, Mariage à Mendoza qui inaugure la B.O. et nous plonge en pleine Amérique Latine ). Et sur le plan des “véritables” chansons, le duo égale facilement le niveau déjà élevé de Strange Moosic, sorti en mai 2011 tout en s’adonnant à panel musical plus élargi. J’en veux pour preuve, le superbe The great escape, que suit Don’t lie to me dont la finesse et le ressenti envoûtent irrémédiablement.

Si on y ajoute la pléthore de réalisations qui les entourent et jonglent entre les genres avec panache (pop, folk, country et psyché y sont abordés avec talent et sensibilité, de façon “maison”), on obtient là une B.O. flamboyante, à la hauteur des aptitudes d’une paire de référence dans notre paysage musical actuel.