Young Dreams – Between Places

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Les groupes scandinaves semblent cultiver le mariage entre le nord et le sud. Après le collectif finlandais I’m From Barcelona, c’est au tour des norvégiens de Young Dreams de nous offrir une musique pleine de chaleur avec Between Places. Rien d’étonnant dans ce cas à ce que le disque soit produit par le label Modular, le fameux label australien de Tame Impala. Les ingrédients de ces hommes venus du froid : beaucoup de pop, de la psyché mêlée d’électro et des airs hawaïens qu’ils ont du capturer au cours de leur errance à travers le monde. Ils aiment la chaleur et leur album nous permet d’attendre un été qui tarde à envahir nos climats.

Le résultat est difficile à qualifier. A la première écoute, l’album est séduisant, efficace, peut-être trop. On arrive même à se maudire soi-même d’avoir aimé cette pop trop consensuelle. On laisse l’album de côté se promettant de ne plus être pris à ce piège trop produit. Pourtant, si on accepte de réécouter l’album, une autre séduction qui nous fait succomber. C’est une pop éminemment décomplexée, mais jamais simpliste, en témoigne les quelques très beaux clips auxquels ont donné lieu certains titres de l’album. Between Places nous offre un album clairement pop, mais avec une prise de risque qui se laisse oublier.

A y regarder de près, la longueur des morceaux est déjà un premier écart fait au credo de notre époque. Des titres pop de cinq, six minutes et un qui dépasse les dix minutes !! Pourtant, les morceaux sont tout aussi efficaces. On passe sans faille d’une sonorité électro, pop ( « Fog Of War ») ou plus douce (« Wounded hearts Forever »), à cette pop hawaïenne qui fait sans doute le charme de cet album ( « Footprints », « First Days Of Something » et le final plus électro « Young Dreams »)

Si
ainsi l’album mérite déjà le détour, il prend une autre dimension
dans le creux qu’il installe dans cet univers tout en légèreté.
Juste après « Dream Alone Wake Together » qui ralentit
peu à peu le rythme du début, le groupe nous offre une véritable
symphonie pop et vocale : « The Girl That Taught Me To
Drink ». Un titre de plus de dix minutes et pourtant, on a à
peine conscience de cette pause vers la fin de l’album, comme si,
rassasié par la tonalité hawaïenne de Between Places,
notre esprit se laissait porter par ces vagues mélodiques le temps
de reprendre son souffle.